Le Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE) a pris part à Ziguinchor à un atelier d’échanges consacré à la stabilité dans l’espace universitaire, dans le cadre du programme Sahal Diamm. Financé par l’Union européenne et mis en œuvre par un consortium d’organisations sénégalaises composé du COSCE, de l’ONG 3D et du GRADEC, ce programme vise à prévenir les tensions, renforcer la cohésion sociale et promouvoir la paix.
Papa Assane Tine, chargé de projet au COSCE, a rappelé que l’initiative s’inscrit dans une dynamique de prévention des crises, notamment dans les universités, souvent marquées par des épisodes de violences récurrentes. Il a, à cette occasion, présenté ses condoléances à la famille de l’étudiant Abdoulaye Ba ainsi qu’à toute la communauté universitaire, soulignant l’urgence d’actions concrètes pour éviter de nouveaux drames.
Selon lui, la promotion de la paix en milieu universitaire constitue une nécessité absolue. C’est dans cette optique que dix cadres d’échanges ont été initiés afin de réunir autour de la même table les différents acteurs du monde universitaire, mais aussi les forces vives de la nation. Autorités religieuses et coutumières, organisations de la société civile, forces de défense et de sécurité ainsi que représentants des étudiants et de l’administration ont ainsi été conviés à participer au dialogue.
Un diagnostic a été réalisé et partagé avec les participants, notamment dans les universités de l’Université Gaston-Berger et de l’Université Assane Seck de Ziguinchor. L’objectif est d’aboutir à un cahier de recommandations qui sera transmis au ministère de l’Enseignement supérieur, en vue de proposer des solutions durables. « Chaque année, les mêmes problèmes reviennent », a déploré Papa Assane Tine, plaidant pour des réformes structurelles capables d’améliorer la performance académique et de garantir un climat stable propice à la réussite des étudiants.
Interrogé sur la suspension récente de plusieurs amicales, il s’est gardé de commenter les mesures internes, tout en estimant que si l’autorité universitaire a pris une telle décision, c’est qu’elle répondait à une nécessité. Entre la préservation de la dignité humaine, la limitation des violences et le risque de pertes en vies humaines, le choix, selon lui, s’imposait.
De son côté, le docteur Ousmane Basse, directeur de la vie universitaire et du service à la communauté à l’Université Assane Seck de Ziguinchor, a rappelé que des dispositifs de concertation existent déjà dans les universités sénégalaises. Ces mécanismes regroupent enseignants-chercheurs, personnel administratif, syndicats, étudiants et acteurs de la société civile. En cas de crise, ces différentes composantes sont appelées à dialoguer afin de trouver des solutions consensuelles.
Il a salué la présence des étudiants à l’atelier, estimant que leur participation est essentielle à un dialogue inclusif et franc. « Si une entité manque, le dialogue ne peut être complet », a-t-il souligné, se félicitant de la mobilisation constatée.
Concernant la dissolution des amicales intervenue en novembre 2024 à l’Université Assane Seck de Ziguinchor, le responsable universitaire a précisé que la décision n’avait pas été prise au hasard. Face à des crises répétitives et à des blocages liés à des désaccords internes entre responsables et base estudiantine, l’administration s’est appuyée sur un mémorandum proposé par la dernière coordination étudiante pour définir de nouveaux critères de représentativité.
La mise en place des nouvelles amicales est en cours de préparation. Toutefois, le processus dépend du renouvellement des inscriptions et des cartes d’étudiants pour l’année académique en cours. Une fois les inscriptions lancées, la procédure impliquera le rectorat, le secrétariat général, les directeurs d’UFR et les responsables pédagogiques, avant l’appel à candidatures et l’organisation des élections des délégués.
Malgré les attentes exprimées par certains étudiants pour accélérer le processus, l’administration se veut rassurante. « Il n’y a pas de péril à la demeure », assure le docteur Ousmane Basse, se disant confiant quant à l’aboutissement d’un dispositif rénové, susceptible de renforcer durablement la stabilité au sein de l’espace universitaire.
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