Un mois après la finale de la CAN 2025 remportée par le Sénégal face au Maroc, la polémique continue d’enfler. Alors que la Confédération Africaine de Football (CAF) a déjà rendu son verdict disciplinaire, infligeant suspensions et amendes aux deux sélections, des sorties récentes de hauts responsables de l’instance continentale relancent le débat et suscitent de nombreuses interrogations.
Le premier pavé dans la mare est venu d’Olivier Safari Kabene, président de la Commission des arbitres de la CAF. Le dirigeant congolais a laissé entendre qu’il y aurait eu des instructions données concernant la gestion disciplinaire d’un incident impliquant des joueurs sénégalais ayant momentanément quitté la pelouse. Selon ses propos rapportés par Winwin, ces derniers auraient dû être avertis à leur retour, mais la décision aurait été prise de ne pas appliquer strictement le règlement afin d’éviter un arrêt prématuré de la rencontre.
Une déclaration lourde de sens, qui suggère une forme d’intervention dans le déroulement d’un match arbitré par Jean-Jacques Ndala. De quoi alimenter les spéculations autour d’une finale déjà marquée par une tension extrême, un penalty manqué de Brahim Diaz et le but victorieux inscrit en prolongations par Pape Gueye, offrant le sacre aux Lions.
Dans la foulée, Samir Sobha, président de la fédération Mauricienne de Football et membre du Comité exécutif de la CAF, a enfoncé le clou dans un entretien accordé à The Guardian. Il y reconnaît une « injustice » envers le Maroc, allant jusqu’à affirmer que les règles n’auraient pas été respectées et que les joueurs sénégalais auraient dû être sanctionnés.
Ces prises de position, intervenant plusieurs semaines après la rencontre, interrogent sur leur timing et leur portée. D’autant que le Maroc, dont la fédération est dirigée par Faouzi Lekjaa, a déjà déposé un recours devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Dans ce contexte, ces déclarations publiques de responsables proches des sphères dirigeantes du football africain peuvent être perçues comme un soutien implicite à la stratégie marocaine.
Côté sénégalais, la vigilance est de mise. Si le verdict de la CAF a confirmé le résultat sportif acquis sur le terrain, ces sorties médiatiques pourraient offrir de nouveaux arguments juridiques à la partie adverse. Il appartient désormais aux autorités du football sénégalais de défendre avec fermeté les intérêts des Lions, afin d’éviter que cette polémique persistante ne vienne ternir un sacre conquis au terme d’un combat intense et historique.
Le Sénégal a gagné sur le terrain. Il revient désormais aux instances compétentes de garantir que ce triomphe reste à l’abri des manœuvres et des débats qui, à défaut de refaire le match, tentent d’en réécrire l’histoire.
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