Un important réseau de fraude documentaire a été démantelé à Ouakam par la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), rattachée à la Direction de la Police aux Frontières. L’opération, baptisée « LIMA-SIERRA », a abouti, le 18 février 2026, au déferrement de cinq individus devant le Pool judiciaire pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants, fraude documentaire, usurpation d’identité et complicité.
Lancée le 14 février 2026 à la suite d’un travail approfondi de renseignement opérationnel, l’enquête visait à neutraliser l’un des réseaux de faussaires les plus actifs de Dakar. Les investigations ont conduit les enquêteurs dans un appartement de Ouakam, transformé en véritable officine clandestine. Sur place, le cerveau présumé du réseau, connu sous le sobriquet de « Le Savant », a été surpris en flagrant délit. Il manipulait numériquement l’image d’une cliente, une étape essentielle dans la confection frauduleuse de stickers de visa. Quatre complices ont été interpellés simultanément lors du coup de filet.
La perquisition, menée dans le strict respect des procédures légales, a mis au jour une véritable « usine » de fabrication de faux documents administratifs. Les forces de l’ordre ont saisi une quantité importante de passeports provenant de plusieurs pays, notamment le Sénégal, le Mali, le Congo, la Côte d’Ivoire, Madagascar et la France, ainsi que des stickers de visas destinés au Canada, aux États-Unis et à l’espace Schengen.
Le matériel découvert atteste du niveau de sophistication du réseau : ordinateurs contenant des maquettes de stickers et des logiciels de retouche et de falsification, imprimantes multifonctionnelles, plastifieuses, papier fiduciaire, feuilles en polycarbonate, bobines de fil et aiguilles destinées à la couture des passeports après modification. Les enquêteurs ont également mis la main sur un appareil de type « Docu-Box » utilisé pour tester la qualité des contrefaçons, des cachets secs – dont certains au nom de la République de Guinée-Bissau – ainsi que des reproductions de cachets d’entrée et de sortie d’aéroports internationaux.
Les auditions ont permis de révéler une organisation structurée, avec une répartition claire des rôles et une grille tarifaire bien établie. Le lavage de visa et la couture de passeport étaient facturés à 30 000 FCFA, le remplissage de sticker de visa (Occident ou Nigéria) à 25 000 FCFA, une carte nationale d’identité sénégalaise vierge à 45 000 FCFA et un passeport diplomatique congolais à 50 000 FCFA. Selon les enquêteurs, « Le Savant » facturait environ 50 000 FCFA par document à ses intermédiaires, lesquels les revendaient ensuite avec une marge conséquente.
Un cinquième suspect a été arrêté dans la poursuite des investigations, mettant un terme à ce réseau présumé. Cette opération marque un nouveau coup dur porté aux filières de trafic de migrants et de falsification de documents officiels dans la capitale sénégalaise.
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