
À partir du 3 mars et pour une durée de deux mois, tous les véhicules de transport en commun communément appelés « Cheikhou Chérifou » seront soumis à un contrôle technique obligatoire sur l’ensemble du territoire sénégalais. Durant cette période transitoire, ils seront autorisés à continuer de circuler. Passé ce délai, tout minicar n’ayant pas effectué la visite sera immédiatement immobilisé.
L’annonce a été faite lundi par le ministre des Transports terrestres et aériens, Yankhoba Diémé, en marge d’une visite au Centre de contrôle technique de Hann (CCTVA). Le ministre s’est rendu sur place pour s’assurer de l’effectivité des dispositifs mis en place et échanger avec les acteurs du secteur sur les modalités de régularisation des quelque 6 800 minicars de 12 à 19 places actuellement en circulation.
Si les véhicules de transport public sont déjà soumis à une visite technique semestrielle, les autorités ont décidé de procéder à des vérifications approfondies face à la recrudescence des accidents de la route. Cette opération exceptionnelle comprendra, en plus du contrôle classique, des points spécifiques inscrits sur une checklist renforcée. Il s’agira notamment de vérifier la conformité du nombre de places, des porte-bagages installés sur certains véhicules ainsi que des modifications apportées à l’aménagement intérieur.
Le ministre a relevé que certains conducteurs ont ajouté des sièges supplémentaires, créant des situations de surcharge susceptibles de compromettre la sécurité des passagers. L’objectif, a-t-il insisté, est de faire respecter strictement les normes en vigueur afin de garantir la sécurité des usagers.
Au-delà du contrôle technique, l’État entend également agir sur la limitation des vitesses pour réduire les accidents. Plusieurs mécanismes sont à l’étude, dont le plombage des véhicules et la géolocalisation. Selon Yankhoba Diémé, le Premier ministre a donné son aval pour la mise en œuvre de ces mesures, dont l’implémentation nécessitera des prérequis techniques, avec la possibilité d’agréer des sociétés spécialisées sans recourir à une procédure classique d’appel d’offres.
Le ministre a toutefois souligné que le facteur humain demeure central dans les accidents de la circulation, évoquant l’indiscipline et les excès de vitesse comme principales causes des drames enregistrés. « Les hommes ont agi sur ces véhicules, nous allons corriger ces actions, mais cela ne règle pas tout », a-t-il déclaré, rappelant que la majorité des accidents impliquant ces minicars est liée au non-respect des limitations de vitesse.
Cette opération exceptionnelle de rappel intervient sur instruction du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et du Premier ministre, Ousmane Sonko, à la suite des décisions validées en Conseil des ministres le 18 février dernier. Elle vise à endiguer la recrudescence des accidents qui endeuillent régulièrement le pays et à instaurer une culture de sécurité routière plus rigoureuse.
À travers ces mesures combinant contrôle technique renforcé et limitation de vitesse, les autorités affichent leur volonté de réduire significativement les accidents et de restaurer la confiance des usagers dans le transport public.







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Photos : Pape Doudou Diallo







