Le secrétaire général du syndicat des professionnels des transports publics du Sénégal, Fallou Samb, également secrétaire administratif de la Fédération des syndicats des transports publics, est revenu sur les tensions opposant leur organisation au ministère des Transports, dans le cadre du préavis de grève déposé le 25 février 2026.
Selon lui, ce préavis, qui comporte dix points de revendication, n’a suscité une réaction des autorités que le 17 mars, soit 22 jours après son dépôt. Une convocation à laquelle les représentants syndicaux ont répondu, mais qui, d’après Fallou Samb, s’est révélée infructueuse. « Nous n’avons trouvé ni le ministre ni les autres départements concernés sur place », a-t-il affirmé, déplorant également la présence d’un acteur qu’ils ne reconnaissent pas dans ce processus.
Le syndicaliste fait notamment référence à Gora Khouma, qu’il présente comme non signataire du préavis et non membre de la fédération. Une situation qui, selon lui, a empêché toute discussion de fond. Les représentants syndicaux ont alors quitté la rencontre, tout en adressant une correspondance au ministère pour clarifier leur position et demander la réorganisation du cadre de dialogue.
Dans cette lettre, ils ont également proposé l’intégration de Mor Diagne, secrétaire général d’un syndicat du transport interurbain récemment affilié à la dynamique. Toutefois, à leur grande surprise, la convocation reçue le 23 mars reprenait les mêmes modalités que la précédente, incluant à nouveau Gora Khouma. Une situation qui les a conduits à décliner l’invitation.
Au cœur du désaccord figure également la question de la reconnaissance juridique de la fédération. D’après Fallou Samb, le ministère conteste sa légitimité, arguant de son absence de statut officiel. Une position rejetée par les syndicats, qui rappellent que les organisations composant la fédération sont, elles, légalement constituées et que les procédures de reconnaissance peuvent prendre plusieurs mois, voire une année.
Le responsable syndical dénonce ce qu’il considère comme un « alibi » pour éviter les discussions, soulignant que le ministère a pourtant accepté de recevoir le préavis sans le rejeter au départ. Il critique également une incohérence dans la démarche des autorités, qui refusent de reconnaître la fédération tout en engageant des discussions sur la base du document qu’elle a déposé.
Face à ce blocage, les syndicats ont réuni leurs représentants des 14 régions du Sénégal à Dakar afin de faire le point sur la situation. À l’issue de cette rencontre, ils ont décidé de renouveler leur mot d’ordre de grève de 72 heures, maintenant ainsi la pression sur les autorités pour l’ouverture de négociations qu’ils jugent inclusives et conformes à leurs revendications.
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