
Le Cadre Régional de Concertation des Opérateurs de la Filière Anacarde de Ziguinchor (CROFAZ) hausse le ton contre la nouvelle taxe de 10 francs CFA par kilogramme que les autorités envisagent d’appliquer aux acteurs de la filière. Dans un communiqué publié le 21 mai 2026 à Ziguinchor, l’organisation fait part de ses profondes inquiétudes et estime que cette mesure risque de perturber gravement la campagne de commercialisation de l’anacarde.
Selon les opérateurs, une taxe à l’exportation de 32 francs CFA par kilogramme avait déjà été validée lors de concertations avec les autorités. Cette mesure fiscale, affirment-ils, a déjà entraîné une baisse des prix proposés aux producteurs ainsi qu’un ralentissement des activités commerciales dans le secteur. Le CROFAZ juge donc incompréhensible l’ajout d’une nouvelle taxation de 10 francs CFA par kilogramme.
Face à la presse, le secrétaire général du cadre de concertation des acteurs de la filière anacarde à Ziguinchor, Aboubacar Kamara, a dénoncé ce qu’il considère comme une « discrimination » à l’encontre des opérateurs de la région.
« Nous avons de larges inquiétudes. Toute la chaîne de valeur est concernée : producteurs, exportateurs, transporteurs, transformateurs et commerçants. L’année dernière, nous avions trouvé un accord avec la douane pour une taxe de 10 francs. Cette année, après un séminaire tenu à Saly, il a été décidé que les exportateurs paieraient 32 francs à l’exportation. Nous pensions alors que les anciens 10 francs ne s’appliquaient plus », a expliqué M. Kamara.
Il indique que les exportateurs avaient déjà commencé à s’acquitter de la taxe de 32 francs avant d’être surpris par la réactivation de la taxe additionnelle de 10 francs CFA. Une décision qui, selon lui, risque de fragiliser davantage les commerçants.
« Certains ont déjà chargé leurs marchandises. Pour 10 tonnes, cela représente 100 000 francs CFA supplémentaires ; pour 50 tonnes, c’est 500 000 francs CFA. Ces opérateurs n’avaient pas prévu ces charges dans leurs calculs », a-t-il déploré.
Le CROFAZ alerte également sur les conséquences économiques et sociales d’une telle mesure. Les acteurs craignent une perte de compétitivité des noix de cajou sénégalaises face à celles des pays voisins comme la Côte d’Ivoire et la Guinée-Bissau, ainsi qu’une baisse des revenus des producteurs et une recrudescence de la contrebande.
Les opérateurs estiment par ailleurs que cette pression fiscale constitue un frein au développement de la transformation locale de l’anacarde et risque de décourager les investisseurs du secteur.
En réaction, le CROFAZ a annoncé la suspension des activités de la filière à partir du jeudi 21 mai 2026. Les entrepôts resteront fermés et les opérations de transport et d’exportation seront arrêtées jusqu’à nouvel ordre.
« Nous allons arrêter la campagne. Si l’État veut transformer les noix restantes, qu’il vienne les prendre. Sinon, nous allons les garder ici », a averti Aboubacar Kamara, appelant les autorités à revoir rapidement cette mesure afin de préserver la compétitivité du secteur et les revenus des milliers de familles qui vivent de l’anacarde dans le sud du Sénégal.


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