L’Université Assane Seck de Ziguinchor (UASZ) replonge dans une zone de fortes turbulences. Lors d’un point de presse organisé ce mercredi 3 juin 2026, la coordination locale du Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SAES) est montée au créneau pour dénoncer une situation financière et administrative devenue « intenable » au sein de l’institution. Par la voix de son secrétaire général de section, Moussa Diallo, le syndicat a dressé un réquisitoire sévère contre les autorités universitaires et étatiques, pointant du doigt une crise de gouvernance qui menace directement la stabilité de l’année académique.
Le constat dressé par les représentants des enseignants-chercheurs est alarmant. Depuis plusieurs mois, les personnels font face à des retards systématiques dans le versement de leurs salaires, ainsi qu’au non-paiement des heures complémentaires et des frais liés aux missions académiques et pédagogiques. Selon Moussa Diallo, ces manquements ne relèvent plus de l’exception mais tendent à s’installer comme un mode de gestion permanent, au détriment de la dignité des travailleurs. Pour le syndicat, cette précarisation du personnel enseignant et de recherche affecte l’image de marque de l’UASZ, entame la motivation des équipes et asphyxie progressivement le service public universitaire.
Au-delà des griefs purement financiers, le SAES fustige un « déficit manifeste » de communication de la part du top management de l’université. Les personnels déplorent le manque de transparence et l’absence d’informations claires sur les causes réelles de ces dysfonctionnements ou sur les échéances de règlement. Face à ce mur du silence, la section UASZ du syndicat exige l’abandon des promesses sans lendemain au profit d’actes concrets, réclamant l’établissement immédiat d’un calendrier de paiement fiable et de solutions durables.
La tension est telle qu’un ultimatum précis a été posé. Si l’administration ne procède pas à une régularisation complète de la situation d’ici le 15 juin 2026, les enseignants-chercheurs menacent de boycotter le démarrage du deuxième semestre dans la majorité des Unités de Formation et de Recherche (UFR). Le syndicat brandit également la menace d’autres actions de blocage, notamment la rétention des notes. Tout en disant espérer une réaction diligente des autorités de tutelle pour préserver la paix sociale, Moussa Diallo a rappelé qu’en privant l’université de ses moyens de fonctionnement élémentaires, ce sont les espoirs de toute la jeunesse de la région et des familles sénégalaises que l’on sacrifie.
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