
À l’occasion de l’ouverture officielle de la mission de supervision du Projet de Développement Économique de la Casamance (PDEC), tenue à Ziguinchor, le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Moussa Balla Fofana, a réaffirmé la volonté de l’État de faire de la décentralisation le moteur de la croissance nationale. Devant les autorités administratives et territoriales, les élus locaux ainsi que les représentants de la Banque mondiale, il a souligné que cette initiative dépasse le cadre d’un simple programme de financement pour s’imposer comme un pilier de la nouvelle politique publique de territorialisation.
« Le PDEC est devenu un véritable laboratoire national de la territorialisation des politiques publiques. Il démontre qu’il est possible de construire la paix par le développement », a déclaré le ministre.
Cette démarche s’inscrit dans la Vision Sénégal 2050 et dans la préparation de l’Acte IV de la Décentralisation, portées par le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, et son gouvernement. Elle vise à bâtir des territoires plus autonomes, compétitifs et inclusifs, en confiant davantage de responsabilités aux collectivités territoriales.
Évoquant les défis de la Casamance, région longtemps confrontée à une situation de fragilité, Moussa Balla Fofana a rappelé que la paix durable se construit avant tout à travers des actions concrètes en faveur des populations.
« La stabilité ne se construit pas uniquement autour d’une table de négociation. Elle se construit aussi par l’accès à l’eau, à l’éducation et aux soins, par la création d’emplois, par la mobilité et par la dignité retrouvée », a-t-il affirmé.
Les résultats du PDEC témoignent déjà de son impact sur le terrain. Le projet a bénéficié à plus de 433 000 personnes, permis la construction ou la réhabilitation de 324 infrastructures communautaires, l’aménagement de 131 kilomètres de pistes rurales et la création de plus de 3 200 emplois locaux. Il accompagne également le retour et la réinstallation de plus de 6 700 ménages répartis dans 203 villages, contribuant ainsi à renforcer les conditions d’une paix durable.
L’avenir du projet s’annonce encore plus ambitieux avec un financement additionnel de 85 millions de dollars américains. Cette nouvelle enveloppe permettra de changer d’échelle en étendant les interventions vers le Pôle Sud-Est, notamment dans la région de Kédougou, en portant le réseau de pistes rurales à près de 300 kilomètres et en portant le nombre de bénéficiaires à plus de 500 000 personnes.
En renforçant les chaînes de valeur agricoles, en soutenant la transformation locale et en favorisant l’emploi des jeunes et des femmes, l’État entend préparer dès aujourd’hui la Casamance de 2050. En conclusion, Moussa Balla Fofana a appelé l’ensemble des partenaires et des acteurs territoriaux à faire du PDEC « le modèle de référence de la territorialisation des politiques publiques en Afrique de l’Ouest », illustrant ainsi l’ambition de conjuguer développement économique, cohésion sociale et consolidation de la paix.
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