Invité de la matinale d’iRadio avec Alassane Samba Diop, Abdoulaye Bamba Gningue, polytechnicien, inspecteur des impôts et domaines et président du Front Patriotique Républicain (FPR Yonnewi), a dressé un bilan sévère des deux premières années de gouvernance du tandem Diomaye Faye–Ousmane Sonko.
Abordant la controverse autour de la « dette cachée », il estime que le débat repose sur une confusion entre des questions de comptabilisation et d’éventuelles irrégularités financières. Selon lui, il s’agit essentiellement d’un problème d’enregistrement comptable, notamment lié à la dette du secteur parapublic, qui est inscrite séparément dans les comptes publics. Il affirme que les rapports de la Cour des comptes, du Fonds monétaire international (FMI) et du cabinet Mazars ne font état ni de détournements de fonds ni de fraude. Les emprunts concernés auraient, selon lui, permis de financer des infrastructures identifiables telles que le Bus Rapid Transit (BRT), le Train Express Régional (TER) ainsi que des équipements militaires.
Le président du FPR Yonnewi a également pointé du doigt l’absence de résultats sur la renégociation des contrats publics, pourtant présentée comme l’un des engagements majeurs des nouvelles autorités. D’après lui, aucune renégociation n’a été menée à son terme et aucun recouvrement effectif de fonds n’a été enregistré. Les montants évoqués par le gouvernement correspondraient, selon ses explications, à de simples estimations d’exonérations fiscales et non à des ressources effectivement récupérées. Il ajoute que les contrats ayant pris fin l’ont été en raison de leur échéance ou du retrait volontaire de certaines entreprises, et non à la suite d’une action spécifique de l’État.
Sur le plan économique, Abdoulaye Bamba Gningue décrit une activité en fort ralentissement. Il évoque la contraction du secteur des BTP, la faiblesse des investissements et une dette intérieure dépassant 300 milliards de francs CFA, qu’il juge particulièrement pénalisante pour le secteur privé. Cette situation pousserait, selon lui, plusieurs chefs d’entreprise à transférer leurs activités vers d’autres pays de la sous-région.
Estimant que le gouvernement refuse de restructurer la dette, il appelle les autorités à privilégier des politiques de développement pragmatiques plutôt que les affrontements politiques. Il plaide enfin pour la mise en œuvre d’une république qu’il qualifie de souverainiste, participative et solidaire.
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