L’Assemblée nationale du Sénégal tient, ce lundi 10 août 2026, une session extraordinaire consacrée à la ratification de six nouvelles commissions d’enquête parlementaires. Ces instances sont appelées à examiner plusieurs dossiers sensibles liés à la gestion financière et foncière de l’État, notamment le domaine maritime, le programme « Un étudiant, un ordinateur », les cessions d’immeubles de l’État et le renouvellement des licences de pêche.
Le mouvement citoyen FRAPP salue le recours à ces mécanismes de contrôle parlementaire, mais appelle à la vigilance face au risque de voir ces nouvelles initiatives se transformer en simples effets d’annonce. Pour l’organisation, la crédibilité du contrôle exercé par les députés dépendra surtout de la capacité de l’Assemblée nationale à assurer le suivi des dossiers déjà ouverts et à publier leurs conclusions.
Le FRAPP cite notamment l’affaire Softcare, révélée à la fin de l’année 2025. Le dossier avait suscité de vives préoccupations après des accusations portant sur l’utilisation de matières premières périmées dans la fabrication de couches pour bébés et de serviettes hygiéniques. L’affaire avait également été marquée par des accusations de tentatives de corruption visant des inspecteurs.
À la suite de ces révélations, une mission d’information parlementaire avait été mise en place, avec la perspective d’un débat en séance plénière. Mais plusieurs mois après l’expiration de son mandat, aucun rapport n’a, selon le FRAPP, été rendu public et aucune séance plénière consacrée à ses conclusions n’a été organisée.
Le mouvement citoyen dénonce ainsi un « silence institutionnel » et s’interroge sur le traitement réservé aux différents dossiers soumis au contrôle parlementaire. Il réclame la publication immédiate de l’état d’avancement du rapport sur l’affaire Softcare ainsi que la tenue du débat plénier annoncé.
Le FRAPP demande également l’audition publique des ministres de la Santé et du Commerce afin que les responsabilités et les éventuelles défaillances dans la gestion de ce dossier puissent être clarifiées.
Au-delà du cas Softcare, l’organisation plaide pour l’instauration d’un mécanisme de suivi régulier et public des commissions d’enquête parlementaires et des missions d’information de l’Assemblée nationale. Pour le mouvement, le contrôle parlementaire ne saurait se limiter à l’ouverture d’enquêtes ou à l’adoption de résolutions : sa crédibilité repose sur la capacité des institutions à mener les investigations à leur terme, à publier leurs conclusions et à rendre compte aux citoyens.
Dans ce contexte, le FRAPP met en garde contre une justice politique qu’il qualifie de « à géométrie variable » et invite l’Assemblée nationale à faire preuve de cohérence dans le traitement des dossiers. Pour le mouvement, les nouvelles commissions d’enquête ne pourront convaincre que si elles s’accompagnent d’un véritable suivi des investigations déjà engagées, notamment celle concernant Softcare.
Emedia






