Madame Aminata Touré, superviseure du parti présidentiel KIIRAAY et haut représentant du chef de l’État, lors d’un point de presse, a vivement critiqué la gestion de certains fonds spéciaux, mettant directement en cause l’ancien Premier ministre et l’actuel président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko.
Selon la responsable politique, Ousmane Sonko aurait, depuis sa nomination au poste de Premier ministre, régulièrement sollicité le président de la République pour obtenir des ressources destinées à répondre aux demandes sociales. « Quand Ousmane Sonko est devenu Premier ministre, il allait souvent voir le président de la République pour lui dire : “Moi, je n’ai rien pour faire du social, les gens me sollicitent.” Et le Président lui donnait une part des fonds spéciaux », a-t-elle déclaré.
Pour Aminata Touré, cette situation pose une question de cohérence entre les discours publics et les pratiques de gestion. « Sais-tu ce qui est le plus difficile chez l’être humain ? C’est de dire ce que l’on fait et de faire ce que l’on dit », a-t-elle lancé.
Elle s’est également attardée sur la gestion du Fonds de paix pour la Casamance, dont elle affirme que le montant dépasse 1,7 milliard de francs CFA. La responsable politique dénonce l’absence, selon elle, de justification claire quant à l’utilisation de ces ressources. « Tu dis aujourd’hui, ce n’est pas un seul, 1 milliard 700 millions… en 2026, volés ! Personne ne peut le justifier », a-t-elle soutenu.
Aminata Touré conteste notamment les explications avancées autour de l’utilisation de ces fonds, évoquant l’achat de véhicules ou encore des travaux de réhabilitation d’infrastructures. Elle estime que de telles dépenses ne seraient pas conformes à la destination initiale des ressources consacrées à la paix en Casamance.
« C’est toi qui te tenais ici pour dire que personne dans l’administration ne devait acheter de voitures… et tu dis non, qu’on va réparer le bâtiment. Qu’est-ce que le bâtiment a à voir avec des fonds de la paix en Casamance ? », s’est-elle interrogée.
Pour la superviseure de KIIRAAY, ces pratiques constituent une « atteinte grave aux principes primaires de la bonne gouvernance » et soulèvent des interrogations sur le respect de l’orthodoxie financière dans la gestion des deniers publics.
Ces accusations relancent ainsi le débat sur la transparence, la traçabilité et l’utilisation des fonds spéciaux, dont la gestion demeure un sujet particulièrement sensible dans le fonctionnement de l’État.
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