Le daara RIS Alwahda a officiellement clôturé, le 31 août à Ziguinchor, sa 13e édition consacrée à la mémorisation et à l’apprentissage du Coran. Organisée par le Rassemblement Islamique du Sénégal (RIS), cette session, qui s’est déroulée du 6 juillet au 31 août, a réuni 169 enfants venus de plusieurs régions du pays.
Selon Thierno Mamadou Soumanou, directeur du daara RIS Alwahda, les participants ont été répartis en trois catégories : petite, moyenne et grande. Pour assurer leur encadrement durant les deux mois de formation, des oustaz venus de différentes localités ainsi que des moniteurs ont été mobilisés.
L’organisation du daara repose également sur plusieurs divisions chargées d’assurer le bon fonctionnement du séjour. Il s’agit notamment des équipes responsables de la sécurité et de la surveillance, de la restauration, de la gestion du linge, ainsi que de l’hygiène et de la salubrité.
Cette prise en charge représente un investissement important. « Pour cette année, le budget s’élève à 13 millions de francs CFA », a indiqué Thierno Mamadou Soumanou. La restauration constitue le principal poste de dépenses, avec plus de 7 millions de francs CFA, tandis que le reste est consacré notamment aux mensualités, aux salaires et à l’entretien du site. Les frais d’inscription s’élèvent, quant à eux, à 85 000 francs CFA, un montant susceptible d’évoluer selon les éditions et le contexte.
Au fil des années, l’initiative a dépassé le cadre de la seule région de Ziguinchor. Des enfants venus de Dakar, Sédhiou, Thiès, Kaolack ou encore Mbour ont participé à cette édition. Face à l’augmentation de la demande, le RIS a également organisé cette année un autre daara à Bignona afin de contribuer à réduire la pression sur le site de Ziguinchor.
Pour les responsables du mouvement, cette forte participation traduit une véritable demande sociale. L’objectif ne se limite pas à la mémorisation du Coran, mais vise également à transmettre aux enfants des valeurs religieuses et morales susceptibles de les accompagner dans leur vie quotidienne.
Inspecteur d’arabe à l’Inspection d’Académie de Ziguinchor et président du Rassemblement Islamique dans le département de Ziguinchor, Abdoulaye Aziz Massaly rappelle que le RIS est une association religieuse fondée en 2009 et présente dans plusieurs localités du Sénégal. Le mouvement œuvre notamment pour l’unité des musulmans, l’apprentissage, l’éducation et le renforcement des valeurs morales.
À Ziguinchor, ses activités vont au-delà de l’organisation des daaras de vacances. Le mouvement mène également des actions sociales, notamment des campagnes de don de sang, ainsi que des activités sportives et culturelles. Il développe par ailleurs des projets dans les domaines de l’enseignement et de l’éducation.
Pour Abdoulaye Aziz Massaly, le daara de vacances répond à une réalité particulière en Casamance, où l’apprentissage du Coran est confronté à un manque de moyens. La période des grandes vacances offre ainsi aux enfants, qui sont habituellement mobilisés par l’école durant l’année, l’occasion de consacrer deux mois à l’étude et à la mémorisation du Coran dans un cadre d’internat.
Les responsables du RIS mettent également en avant l’impact de cette formation sur le comportement des enfants. Selon eux, les retours des parents montrent que les bénéficiaires ne renforcent pas seulement leurs connaissances religieuses, mais développent également des comportements et des habitudes liés à leur pratique religieuse.
« Notre mission, c’est de former, c’est de transmettre les bonnes valeurs », souligne Thierno Mamadou Soumanou. Une vision partagée par Abdoulaye Aziz Massaly, qui estime que l’éducation religieuse peut contribuer à renforcer les repères des jeunes dans une société confrontée à de nombreux défis sur le plan des valeurs et des convictions.
« Notre objectif est de préserver et de sauver nos enfants », explique-t-il, estimant qu’un enfant correctement éduqué et attaché à de bonnes valeurs peut, à terme, contribuer à rendre sa communauté meilleure.
Pour les prochaines années, le Rassemblement Islamique du Sénégal nourrit de grandes ambitions. La première priorité reste la construction ou la mise à disposition d’un cadre permanent et adapté permettant d’accueillir davantage d’enfants. Actuellement, le programme de Ziguinchor se déroule dans les locaux de l’AMA, mis temporairement à la disposition du mouvement durant les vacances.
« Si nous le pouvions, nous accueillerions ici des milliers d’enfants, mais cela demande un cadre adapté », explique Abdoulaye Aziz Massaly, qui précise que le daara est une initiative du RIS et non de l’AMA.
Au-delà des infrastructures, le mouvement entend poursuivre son travail autour de l’unité des musulmans et de l’éducation de la jeunesse. L’ambition affichée est de former des jeunes musulmans capables de maîtriser leur religion, d’être enracinés dans leurs valeurs tout en comprenant les réalités et les défis du monde contemporain.
Pour le président départemental du RIS, le musulman de demain doit être « compétent », sans complexe vis-à-vis de son identité, conscient de son environnement et capable de jouer pleinement son rôle de citoyen au service de sa communauté et de la société.
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