
Une journée de chirurgie de la cataracte a été organisée à Thionkessyl, en collaboration avec Ziguinchor Assistance Médicale, afin de prendre en charge des patients issus principalement des villages environnants. L’initiative, qui en est à sa deuxième édition, vise à faciliter l’accès aux soins ophtalmologiques pour des populations souvent confrontées à l’éloignement des structures de santé.
Selon le docteur Papa Demba Konaté, médecin ophtalmologiste, l’organisation de cette campagne repose sur un dispositif en plusieurs étapes. « Il y a une première phase qui est représentée par les consultations qu’on fait dans les villages et on recrute les malades », explique-t-il. Les patients éligibles à la chirurgie sont ensuite regroupés dans une structure disposant d’un technicien en ophtalmologie, où ils bénéficient de l’intervention et d’un suivi post-opératoire.
Cette année, plus de 40 personnes avaient été recensées lors des consultations de proximité. Toutefois, l’éloignement de certains villages par rapport à Thionkessyl a empêché plusieurs patients de faire le déplacement. Au moment de la campagne, environ 27 malades avaient déjà rejoint le site de chirurgie, avec l’espoir d’atteindre une trentaine de patients au terme de la journée.
Pour assurer les interventions, le docteur Papa Demba Konaté a bénéficié de l’appui de confrères venus de Kolda, Diourbel et Mbour. Une mobilisation qui témoigne de l’importance accordée à cette campagne destinée à réduire les difficultés d’accès aux soins ophtalmologiques dans les zones rurales.
La cataracte constitue de loin la principale pathologie prise en charge au cours de cette journée. Quelques cas de ptérygion étaient également programmés pour une intervention. « La cataracte est la chirurgie la plus pratiquée en ophtalmologie et même dans le monde », rappelle le spécialiste.
La maladie touche principalement les personnes âgées de plus de 60 ans. Elle correspond à une opacification progressive du cristallin, la lentille naturelle située à l’intérieur de l’œil. Avec l’âge, le cristallin perd progressivement sa transparence, empêchant la lumière de parvenir correctement à la rétine et entraînant une baisse de la vision.
« Quand l’œil vieillit, un organe à l’intérieur appelé le cristallin commence à s’opacifier. En s’opacifiant, il devient tout blanc, la personne voit comme à travers de la fumée, et à la fin, elle ne voit plus rien », explique le docteur Konaté.
Si le vieillissement constitue la principale cause de la cataracte, d’autres facteurs peuvent également être à l’origine de la maladie. Le diabète peut notamment provoquer une cataracte précoce, tandis qu’un traumatisme ou un choc à l’œil peut également entraîner une opacification du cristallin.
La prise en charge ne s’arrête toutefois pas à l’intervention chirurgicale. Après l’opération, les patients bénéficient d’un suivi organisé en plusieurs étapes : dès le lendemain de la chirurgie, puis à J7, sous la supervision du technicien en ophtalmologie, et enfin à un mois, avec l’intervention conjointe d’un ophtalmologiste et d’un technicien.
À travers cette campagne, les équipes médicales cherchent ainsi à rapprocher la chirurgie ophtalmologique des populations rurales et à offrir une solution concrète aux personnes dont la cataracte altère fortement la vision. Pour les patients pris en charge, l’intervention représente surtout une opportunité de retrouver une meilleure autonomie et une qualité de vie améliorée.


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