Dans le cadre du suivi de la campagne agricole 2026, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Bâ, a entamé, mercredi 16 septembre, une tournée dans le Sénégal oriental et la région de Kaffrine. Prévue jusqu’au 21 septembre, cette mission vise à évaluer l’état d’avancement de la campagne, à identifier les principales contraintes rencontrées sur le terrain et à recueillir les préoccupations des acteurs du secteur afin d’apporter des réponses adaptées.
La première étape de cette tournée s’est déroulée dans la région de Kédougou, où le ministre a effectué plusieurs visites de terrain avant de rencontrer les organisations de producteurs, les éleveurs et les autres acteurs du secteur agricole.
À Bembou, Dr Cheikhou Oumar Bâ s’est rendu sur la parcelle de coton de M. Idrassa Traoré, un jeune producteur qui a emblavé cinq hectares. Cette initiative a été présentée comme un exemple encourageant pour la jeunesse et une illustration des opportunités offertes par le secteur agricole.
À Taïba, dans la commune de Bembou, la délégation ministérielle a également visité l’exploitation de M. Samba Diallo. Ce grand producteur a consacré 317 hectares à différentes spéculations, notamment le maïs, le sorgho, l’arachide et le riz. Une partie de ces superficies est destinée à la multiplication de semences et à la commercialisation.
La tournée s’est poursuivie à Kénioto, avec une visite de la ferme avicole de M. Ibrahima Barry, président de la Fédération des aviculteurs. L’exploitation développe également des activités de maraîchage et d’arboriculture. Le ministre s’est ensuite rendu au groupe Yellitaare, spécialisé dans la transformation et la valorisation du lait local, notamment à travers la production de yaourt.
Au Bioparc de Kédougou, le ministre a présidé, en présence du gouverneur de la région, une rencontre avec les organisations de producteurs, les éleveurs et les différents acteurs du monde rural. Les échanges ont permis de faire le point sur la campagne agricole et de mettre en évidence plusieurs difficultés qui affectent les activités de production.
Parmi les préoccupations soulevées figurent notamment l’accès à l’eau, le stress hydrique, le coût et la disponibilité des intrants, le déficit en matériel agricole, les attaques parasitaires, ainsi que les besoins en magasins de stockage et en pistes de production. Les acteurs ont également évoqué la nécessité d’aménager davantage les vallées et les périmètres maraîchers, tout en apportant des solutions aux problèmes liés à la divagation des animaux et à l’absence de parcours de bétail.
Dans le domaine de l’élevage, les professionnels ont fait part de leurs besoins en infrastructures et équipements, notamment en camions, abattoirs modernes, couvoirs et parcs de vaccination. Ils ont également insisté sur la nécessité de renforcer la présence de vétérinaires privés, la formation des acteurs et l’accompagnement dans les démarches d’obtention de la Fra (Fiche de renseignement et d’autorisation).
Prenant acte de ces différentes préoccupations, le ministre a assuré que leur suivi sera effectué progressivement, en collaboration avec le gouverneur et les services techniques compétents. Il a réaffirmé l’engagement des autorités à poursuivre la modernisation de l’agriculture et à promouvoir l’utilisation d’équipements adaptés aux réalités des différentes zones agroécologiques du pays.
Dans cette dynamique, la Direction du Matériel et de l’Équipement rural (DMER) a invité les producteurs à déposer leurs demandes auprès des Directions régionales du développement rural (DRDR) afin de bénéficier de matériel agricole subventionné à hauteur de 50 %. Selon les annonces faites lors de la tournée, 500 motoculteurs et 500 mini-tracteurs doivent notamment être mobilisés prochainement.
Face aux difficultés liées au déficit hydrique, le ministre a par ailleurs rappelé la mise à disposition de semences de pastèque, présentées comme une mesure destinée à contribuer à atténuer les effets de cette contrainte sur les producteurs.
Dr Cheikhou Oumar Bâ a également annoncé la perspective de la mise en place d’un « Plan Diomaye pour le Sénégal oriental », sur le modèle du dispositif envisagé pour la Casamance. Cette initiative devrait, selon le ministre, contribuer au développement et à la valorisation du potentiel agricole de la région.
Au terme de cette première journée, le ministre a enfin encouragé les producteurs à se regrouper au sein de coopératives. Une meilleure organisation collective doit, selon lui, permettre aux acteurs de renforcer leur capacité d’action et de faciliter leur accès aux différents dispositifs d’appui de l’État.
Emedia








