Le secteur des médias au Sénégal pourrait bientôt connaître une nouvelle évolution dans ses relations avec l’État. La Primature a émis un avis favorable à la levée de la suspension des conventions publicitaires liant les pouvoirs publics aux organes de presse, selon une correspondance officielle datée du 19 octobre 2026.
Cette décision marque une nouvelle étape dans le processus de réforme du secteur des médias et de rationalisation des dépenses publiques. En 2024, l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko avait ordonné, à titre conservatoire, la suspension de toute nouvelle signature ou de tout nouvel engagement relatif aux conventions publicitaires. Cette mesure s’inscrivait dans une politique d’optimisation et de contrôle des finances publiques. Les ministères avaient alors été invités à s’abstenir de conclure de nouveaux contrats, dans l’attente de nouvelles instructions, tout en procédant à un inventaire exhaustif des conventions de prestation existantes.
La perspective d’une levée de cette suspension s’accompagne toutefois de nouvelles exigences en matière de transparence et de bonne gouvernance. Les autorités entendent encadrer la reprise des conventions à travers un dispositif rénové, reposant sur des critères objectifs d’attribution et une meilleure répartition des ressources publiques destinées aux médias.
Dans cette optique, un comité ad hoc interministériel a été mis en place sous la présidence d’un représentant de la Primature. Il regroupe notamment des représentants de la Présidence de la République, de plusieurs ministères ainsi que des organes de presse publics, dont la RTS et Le Soleil, et du secteur privé des médias.
Cette instance est chargée de proposer des mécanismes permettant d’assurer une distribution plus équitable des ressources publicitaires de l’État, en tenant compte de critères de performance et d’audience. Elle devra également veiller au respect des dispositions du Code de la presse et contribuer à l’instauration d’un cadre plus transparent dans les relations contractuelles entre l’État et les entreprises de presse.
Cette démarche s’inscrit dans la dynamique des réformes engagées dans le secteur, notamment autour de l’application du Code de la presse et de l’installation du Conseil national de régulation des médias (CNRM).
Les conclusions du comité sont attendues à la fin du mois d’octobre 2026. Elles devraient permettre de préciser les modalités pratiques de la reprise des conventions publicitaires et les conditions auxquelles les médias pourront désormais accéder aux ressources publiques.
Si elle se concrétise, cette levée de suspension pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase dans les relations entre l’État et les entreprises de presse, avec l’ambition affichée de concilier le soutien aux médias, l’équité dans l’accès aux ressources publiques et les impératifs de bonne gestion des finances de l’État.
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