La filière ostréicole sénégalaise connaît une évolution importante grâce au programme Fish4ACP, qui accompagne les femmes dans l’amélioration de la production, la transformation et la commercialisation des huîtres. En visite en Casamance, Ami Collé Gueye, administratrice nationale du programme au Sénégal, a mis en avant les acquis de cette initiative, notamment au profit du GIE des femmes de Tobor.
« La visite en Casamance s’inscrit dans le cadre d’une mission conjointe menée par la coordonnatrice sous-régionale du Bureau de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest et Madame le Ministre des Pêches », a expliqué Ami Collé Gueye. Financé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), Fish4ACP vise à soutenir durablement la chaîne de valeur de l’huître.
« Les premières actions ont consisté à réaliser un diagnostic global de la filière pour mieux comprendre ses forces, ses faiblesses et ses contraintes », a-t-elle précisé. Cette démarche a permis d’élaborer une stratégie nationale de mise à niveau, en collaboration avec l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA) et la Direction des industries de transformation de la pêche (DITP). Un volet sanitaire a également été développé avec l’appui du projet STDF de la FAO, afin de renforcer le contrôle et la surveillance des produits.
L’un des principaux objectifs est d’accompagner la transition progressive de la collecte traditionnelle vers l’ostréiculture. « Il était important de travailler à la migration progressive vers l’ostréiculture pour obtenir un impact plus important sur les plans social, économique et environnemental », a souligné l’administratrice nationale.
Grâce à des équipements adaptés, des formations et des innovations techniques, les femmes sont également encouragées à diversifier leurs produits et à mieux les valoriser. « Il fallait environ 70 kilogrammes d’huîtres pour produire un kilogramme d’huîtres séchées, vendu entre 5 000 et 6 000 francs CFA », a-t-elle expliqué. Le développement de la vente en frais ouvre ainsi de nouvelles perspectives de revenus aux transformatrices.
Pour assurer la pérennité des acquis, les acteurs ont également mis en place le Renagva, un réseau destiné à renforcer la coopération entre les différentes zones de production. « Il fallait donner aux acteurs les outils et les capacités nécessaires pour qu’ils puissent poursuivre eux-mêmes le développement de la filière après le projet », a indiqué Ami Collé Gueye.
La question sanitaire demeure toutefois essentielle. « Si nous voulons aller vers la vente en frais, il est incontournable de disposer de bassins de purification », a-t-elle rappelé. À Dakar, le bassin des Almadies, qui centralise les productions provenant notamment de Joal, du nord du pays et de la Casamance, est en cours de réhabilitation.
Malgré ces avancées, l’accès aux marchés constitue le prochain défi. « La partie qui reste à renforcer, c’est nécessairement le marché, parce qu’il y a une croissance très importante de la production », a affirmé la responsable. Selon les chiffres communiqués, la production ostréicole est passée de 400 à 2 100 tonnes.
Pour accompagner cette progression, des démarches sont engagées avec les autorités en vue d’obtenir l’agrément sanitaire nécessaire à l’accès aux marchés de la sous-région. À travers Fish4ACP, la FAO et ses partenaires ambitionnent ainsi de consolider la filière, d’améliorer les revenus des femmes et de promouvoir une ostréiculture sénégalaise plus compétitive et durable.
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