Quatre employées de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (ANAMO), toutes assistantes et en CDI depuis plusieurs années, affirment avoir été mises en chômage technique sans salaire sous prétexte de « raisons économiques ». Ce 9 janvier 2025 dans le siège de l’ANAMO, Elles dénoncent une décision « illégale, précipitée et injuste », prise selon elles en l’absence du Directeur général et en violation des procédures internes.
Elles déclarent ainsi être victimes d’un licenciement « déguisé ». Employées depuis plusieurs années, certaines depuis 2012, elles occupaient des postes d’assistantes auprès de différents services de l’agence : planification, contrôle de gestion, direction financière et secrétariat général. L’une d’elles est également déléguée du personnel.
Selon le témoignage de Madame Salmane Diallo, assistante du directeur de la planification des études et de projets, tout commence durant la période de congés. Le 24 décembre 2025, chacune reçoit un appel du conseiller technique du Directeur général, les informant d’une prétendue recommandation du Conseil de surveillance visant à « réduire le nombre d’assistantes ». À ce moment, l’idée d’un licenciement avec six mois d’indemnités leur est annoncée, sans document officiel.
Deux jours plus tard, elles reçoivent une convocation pour rencontrer le Directeur général le lundi suivant. Mais à leur arrivée, elles apprennent que celui-ci est absent jusqu’au 16 janvier 2026. C’est finalement le conseiller technique qui les reçoit individuellement.
D’après elles, il leur demande de signer immédiatement un protocole d’accord, déjà signé et cacheté par le DG en leur absence, et sans qu’elles n’aient pu participer à son élaboration. « On nous a dit que si on ne signait pas sur-le-champ, on risquait d’être mises en chômage technique sans salaire », affirme la déléguée du personnel, qui dit avoir refusé de signer mais photographié le document.
Elles reprennent tout de même le travail le 2 janvier. Mais le 9 janvier, une lettre leur est servie par voie d’huissier. Le document porte l’objet : « Décision portant redéploiement interne du personnel de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil ». Or, dans le contenu, il est indiqué qu’elles sont placées en chômage technique sans salaire pour « raisons économiques ». Pour elles, il s’agit d’une contradiction majeure. « On nous parle de difficultés économiques, pourtant nos salaires sont payés à temps, les bons cadeaux ont doublé cette année, il y a des stagiaires en poste et même des créations de postes qui n’existent pas dans l’organigramme », dénoncent-elles.
Ce 9 janvier, en se présentant à leurs bureaux, l’accès leur a été refusé. Elles affirment être restées à l’entrée dès 8 h pour faire constater la situation.
Les employées disent avoir déjà saisi plusieurs autorités : le président du Conseil de surveillance, le ministre de la Formation professionnelle, le Premier ministre, ainsi que le Secrétaire général du gouvernement. Elles affirment agir « en citoyennes responsables » et dénoncent une gestion qu’elles jugent « arbitraire et injustifiée ».
« Nous espérons que le Président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, qui se sont battus contre les injustices, seront informés de ce qui se passe à l’ANAMO », concluent-elles.
Fatou bintou fall







