Trois semaines après la décision du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football dans le litige opposant le Sénégal au Maroc lors de la finale de la CAN 2025, la Fédération sénégalaise de football a enfin reçu les motivations officielles du verdict. Ce document, désormais au cœur du recours introduit devant le Tribunal Arbitral du Sport, éclaire les éléments ayant conduit à l’attribution de la victoire au Maroc.
Selon les informations rapportées par Sport News Africa, la décision du Jury d’Appel repose sur une hiérarchie précise des rapports officiels. Trois sources ont été déterminantes : le rapport de l’arbitre Jean-Jacques Ndala, celui du commissaire de match et surtout celui du coordonnateur de la finale, Monsieur Lemkecher. C’est ce dernier document qui a été décisif dans la qualification des faits.
Le Jury indique en effet que le Sénégal est déclaré forfait pour abandon de terrain, en s’appuyant explicitement sur le rapport du coordonnateur, conformément aux règlements de la compétition. Une interprétation qui contraste avec celle de l’arbitre, lequel évoquait plutôt une interruption temporaire d’environ douze minutes liée à une contestation sénégalaise, sans conclure à un abandon définitif.
Cette divergence d’appréciation constitue un point central du contentieux. Du côté sénégalais, des voix internes dénoncent une décision ne respectant pas les lois du jeu, d’autant qu’aucune réserve technique n’aurait été formulée par la partie marocaine avant la reprise de la rencontre.
Autre élément marquant de cette affaire : le caractère partiel de la sanction. Si la victoire du Maroc a été actée sur tapis vert (3-0), le Jury d’Appel a refusé de se prononcer sur le retrait du trophée, des médailles et des primes, estimant ces demandes hors de sa compétence. Une position qui laisse au Comité exécutif de la CAF le soin de trancher, sans décision immédiate à ce stade.
Cette situation crée un flou inédit, où un vainqueur est désigné sans que les attributs de la victoire ne soient automatiquement attribués. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a d’ailleurs indiqué que l’instance attendrait la décision du TAS avant de statuer définitivement sur ces aspects.
Désormais, le dossier se déplace à Lausanne, où le Sénégal et la Fédération Royale Marocaine de Football s’opposent sur la procédure. Dakar plaide pour un traitement accéléré afin de clarifier rapidement la situation, tandis que la partie marocaine privilégie un examen approfondi nécessitant davantage de temps.
Dans ce contexte, une décision du TAS pourrait intervenir dans un délai estimé entre neuf et douze mois. En attendant, une situation paradoxale persiste : le Maroc pourrait aborder les échéances internationales, notamment le Mondial 2026, avec un statut de champion d’Afrique encore contesté sur le plan juridique.
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