La décision du Jury d’Appel de la Confédération africaine de football confirmant le forfait du Sénégal et l’homologation du score 3-0 en faveur de la Fédération Royale Marocaine de Football suscite toujours des interrogations sur la légitimité de la sanction. Même si la Fédération sénégalaise n’a pas encore annoncé de recours, le fait que l’arbitre n’ait pas mentionné de sortie volontaire des joueurs de l’aire de jeu constitue un point juridique sensible qui pourrait, en théorie, servir de levier devant le Court of Arbitration for Sport.
En effet, le rapport officiel de l’arbitre, document central pour les décisions disciplinaires de la CAF, ne relève ni l’abandon du terrain par le Sénégal ni un envahissement ayant provoqué l’arrêt du match. Cette absence crée un vide factuel : si le comportement des joueurs n’a pas été constaté et sanctionné sur le moment, il devient juridiquement complexe d’invoquer un forfait rétroactif sur la base d’interprétations ou d’éléments secondaires. Les incidents survenus dans les tribunes ou liés à la sécurité, qui ont été avancés pour justifier la sanction, relèvent de responsabilités externes à l’équipe et ne peuvent pas automatiquement être imputés aux joueurs.
Par ailleurs, le Sénégal pourrait contester la proportionnalité de la sanction. Même si certaines irrégularités sont admises, un forfait total est une décision extrême, et des précédents dans le football africain montrent que des équipes impliquées dans des incidents similaires n’ont pas été disqualifiées. L’absence de preuve matérielle solide, combinée à l’omission de l’arbitre, pourrait donc constituer un argument fort devant le TAS pour demander la révision de la décision.
En résumé, la sanction du forfait repose largement sur une interprétation des événements et non sur des constats formels, ce qui ouvre une porte, théoriquement, à un recours. Si le Sénégal décidait de saisir le TAS, l’argument central serait l’absence de signalement d’une sortie volontaire de l’aire de jeu par l’arbitre, un point qui pourrait remettre en question la légitimité de la décision de la CAF et la proportionnalité de la sanction.
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