C’est dans un contexte politique tendu que Cheikh Oumar Diagne, leader du mouvement « Rassemblement pour la Vérité / And Ci Dëgg » (RV), a tenu une conférence de presse mémorable ce lundi 16 mars 2026. S’exprimant depuis le siège de son parti aux Parcelles Assainies, l’homme politique n’a pas ménagé le pouvoir en place, abordant sans détour les dossiers brûlants de l’actualité nationale.
L’Affaire Abdoulaye Ba : « C’est la responsabilité de l’État »
Le ton a été donné d’entrée de jeu par le leader du RV. Revenant sur le décès tragique d’Abdoulaye Ba, Cheikh Oumar Diagne a pointé une responsabilité directe et sans équivoque du pouvoir. Pour lui, ce drame n’est pas un fait divers, mais le symbole d’une faillite sécuritaire et institutionnelle.
« La responsabilité de l’État est totale dans la mort d’Abdoulaye Ba. On ne peut pas accepter que la vie des citoyens soit ainsi sacrifiée par l’incompétence et la négligence. L’impunité doit cesser », a-t-il martelé, exigeant toute la lumière sur cette affaire.
Contrats et financement : La dénonciation d’une gestion opaque
Abordant le volet économique, Cheikh Oumar Diagne a dressé un tableau sombre de la gouvernance financière du pays. Il a vivement critiqué ce qu’il qualifie de « divorce » entre les priorités du peuple et les actions d’un « régime irresponsable ».
Il a notamment dénoncé l’opacité entourant certains contrats publics et le mécanisme de financement des grands projets, fustigeant les « retenues sur contrats » dont les contours restent flous pour l’opinion publique. Pour le leader du RV, cette gestion menace la souveraineté économique du Sénégal.
Réforme et Amnistie : Le flou artistique ?
Sur le plan législatif et constitutionnel, M. Diagne n’a pas caché son scepticisme face aux projets de réforme annoncés. Pour lui, une véritable réforme institutionnelle est urgente, mais elle ne doit pas servir de paravent pour régler des comptes politiques ou blanchir des responsabilités.
S’agissant de la loi d’amnistie, il a exprimé de fortes réserves, y voyant une manœuvre pour absoudre les erreurs du passé plutôt que pour construire une réconciliation durable basée sur la vérité et la justice.
La « Dualité au sommet » : Le mal qui ronge l’État ?
Enfin, Cheikh Oumar Diagne a soulevé une problématique qui inquiète de plus en plus les observateurs : l’existence d’une dualité au sommet de l’État. Selon lui, cette confusion dans la chaîne de commandement et cette guerre d’influence entre différents pôles de décision au sein de l’exécutif paralysent l’action gouvernementale et affaiblissent l’autorité de l’État. Une situation qu’il juge périlleuse pour la stabilité du pays.
Emilia Ndiaye, stagiaire







