Le Mexique est plongé dans une situation inquiétante à quelques mois de la Coupe du Monde 2026. L’armée mexicaine a abattu dimanche 22 février Nemesio Oseguera, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG), l’un des plus puissants groupes criminels du pays. En représailles, le cartel a déclenché une vague de violences, bloquant des routes, incendiant des véhicules et semant la panique parmi la population.
Quatre matchs de la Coupe du Monde devaient se tenir dans l’une des villes affectées, dont l’aéroport et les hôpitaux ont été fermés et évacués. Les autorités mexicaines ont recommandé à la population de rester chez elle, tandis que les États-Unis ont appelé leurs ressortissants à se mettre à l’abri. Plusieurs compagnies aériennes ont annulé des vols vers le pays ou ont dû faire demi-tour en route vers le Mexique.
La violence s’est étendue à 20 États, provoquant la suspension des cours dans au moins huit d’entre eux et l’autorisation pour les tribunaux de rester fermés si nécessaire. Au total, sept criminels ont été tués et trois soldats blessés lors de l’opération, tandis que deux membres du cartel ont été arrêtés et des armes de guerre, y compris des lance-roquettes, ont été saisies.
El Mencho, 59 ans, était considéré comme le dernier grand parrain du narcotrafic mexicain depuis l’arrestation des fondateurs du cartel de Sinaloa, Joaquín « El Chapo » Guzmán et Ismael « Mayo » Zambada. À la tête du CJNG, il contrôlait un réseau transnational impliqué dans le trafic de cocaïne, d’héroïne, de méthamphétamine et de fentanyl, mais aussi dans l’extorsion, le vol de pétrole et de minerais, et le commerce d’armes.
La présidente Claudia Sheinbaum a appelé au calme et à l’information, tandis que la population tente de se mettre à l’abri. Les États-Unis ont fourni un soutien en renseignement et salué l’opération comme une victoire majeure pour la région. Cependant, le CJNG reste un acteur violent et influent, et les inquiétudes persistent quant à l’organisation des matchs prévus dans les zones affectées, ravivant le spectre d’un possible report de la compétition.
Depuis 2006, les violences liées aux cartels ont fait plus de 450.000 morts et plus de 100.000 disparus au Mexique, selon les chiffres officiels, soulignant l’ampleur de la menace sur la sécurité nationale et sur un événement international majeur comme la Coupe du Monde.
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