À Dakar, la polémique enfle autour de la gestion de la dette publique après des révélations relayées par le Financial Times. Dans un communiqué publié ce 24 mars 2026, la Conférence des leaders du FDR met en cause le gouvernement dirigé par le Premier ministre Ousmane Sonko, qu’elle accuse d’avoir contracté, dans la plus grande discrétion, des emprunts jugés risqués et potentiellement préjudiciables à la souveraineté nationale.
Selon l’opposition, ces opérations financières, estimées à près d’un milliard de dollars, auraient été réalisées sans information préalable du public ni communication transparente auprès des partenaires internationaux, notamment le Fonds monétaire international. Elle dénonce également le recours à des instruments financiers complexes tels que les « Total Return Swaps » (TRS), considérés par certains experts comme particulièrement sensibles en période de fragilité économique.
Le FDR affirme que ces mécanismes pourraient accorder une priorité de remboursement à des créanciers privés, notamment des institutions comme Africa Finance Corporation ou First Abu Dhabi Bank, au détriment des dépenses publiques essentielles. Une telle situation, selon ses responsables, exposerait le pays à des risques accrus en cas de défaut de paiement, dans un contexte déjà marqué par des signaux négatifs des agences de notation.
Dans son argumentaire, l’opposition rappelle les mises en garde formulées par l’investisseur Warren Buffett, qui qualifiait ces instruments de « bombes financières » en raison de leur potentiel déstabilisateur pour les économies qui y recourent.
Le gouvernement, de son côté, a apporté un démenti via le ministère des Finances, évoquant une autorisation d’endettement inscrite dans le cadre budgétaire. Une réponse jugée insuffisante par le FDR, qui estime qu’elle ne répond pas aux préoccupations soulevées concernant la transparence et la nature exacte des engagements contractés.
Face à cette situation, l’opposition appelle à la publication intégrale des contrats de swaps, incluant les actifs éventuellement mis en garantie, les coûts financiers associés ainsi que les bénéficiaires des commissions. Elle demande également à l’Assemblée nationale la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire afin de faire toute la lumière sur ces opérations.
Dans un contexte de tensions croissantes, le FDR appelle enfin à une mobilisation des forces vives du pays pour exiger davantage de transparence et de rigueur dans la gestion des finances publiques, estimant que les enjeux actuels engagent directement l’avenir économique du Sénégal.
Emedia






