
L’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) a restitué les résultats de sa première enquête sur la démographie des entreprises. Entre la domination du secteur tertiaire et la fragilité des jeunes pousses après deux ans d’existence, l’État muscle son dispositif avec un nouveau Code des investissements et une digitalisation accrue via l’APIX.
Une économie encore trop « tertiaire »
L’étude est sans appel : le commerce reste le roi de l’économie nationale, captant environ 48 % des créations d’entreprises. Mais pour le Directeur Général de l’APIX, ce déséquilibre est un frein. L’urgence est désormais au « rééquilibrage » vers les secteurs productifs : industrie, agriculture et élevage.
Pour inverser la tendance, le gouvernement mise sur le nouveau Code des investissements, adopté en septembre 2025. Ce levier stratégique, enrichi par son décret d’application, vise à lever les verrous qui étouffent encore les producteurs locaux.
Le mur des trois ans et le mirage du financement
Si la plupart des entreprises franchissent le cap de la première année, beaucoup s’essoufflent dès la deuxième ou troisième année. En cause ? Une concurrence déloyale, un accès difficile au foncier, mais surtout un paradoxe de financement.
« Les dispositifs existent (Fongip, Foncis, ADPME), mais l’information ne circule pas », note le rapport. Ce déficit de communication empêche les entrepreneurs de transformer leurs idées en succès pérennes. À cela s’ajoute un défi de management : « Être entrepreneur ne signifie pas automatiquement être manager », a rappelé le responsable de l’APIX, plaidant pour un accompagnement technique renforcé.
Dakar, l’épicentre à décongestionner
La cartographie de l’ANSD confirme une hyper-concentration : Dakar reste le poumon économique, porté par une forte demande et un pouvoir d’achat supérieur. Cependant, des régions comme Thiès et Diourbel montrent des signes de vitalité encourageants.
Pour favoriser cette décentralisation, l’APIX lance une plateforme de création d’entreprises 100 % en ligne. L’objectif ? Permettre à un porteur de projet à Matam, Ziguinchor ou dans la diaspora de formaliser son activité sans avoir à effectuer le traditionnel « parcours du combattant » administratif dans la capitale.
Vers une rationalisation des agences
Face à la multiplication des structures d’appui (ANPEJ, Acepax, Daire, etc.), le Premier ministre appelle à une rationalisation. L’idée est simple : mieux coordonner pour mieux servir. La base de données de l’ANSD, désormais ouverte aux chercheurs, servira de boussole pour ajuster les politiques publiques en temps réel.
Le secteur du textile et de la confection, cité comme modèle de résilience dans l’enquête, fera l’objet d’une analyse approfondie. Comprendre pourquoi ce secteur résiste mieux pourrait bien être la clé pour sauver les PME des autres compartiments de l’économie.
Emilia Ndiaye, stagiaire








