Le directeur général de l’Agence Nationale de l’État civil (ANEC), Matar Ndao, a effectué une mission de terrain dans le sud du pays afin de s’enquérir de la situation de l’état civil, marquée ces derniers temps par de nombreux dysfonctionnements. Présent dans la zone pour la troisième fois, il a entamé sa tournée à Djibanar, à l’occasion de l’initiative du « bébé de l’équité », qui a permis de remettre des cadeaux au bébé de l’année.
La mission s’est poursuivie à Marsassoum, une commune au cœur de vives préoccupations liées à l’état civil. Selon Matar Ndao, des actes de naissance ont été saisis et des cas présumés de faux impliquant du personnel ont été signalés. Face à la gravité des informations reçues, l’ANEC a jugé nécessaire de se rendre sur place pour échanger directement avec le maire, puis avec les délégués et chefs de quartier, afin de recueillir leurs points de vue et surtout de reconnaître l’existence d’un problème pour mieux y apporter des solutions.
À l’issue de ces échanges, l’ANEC a proposé plusieurs pistes de solutions, notamment techniques et organisationnelles. Celles-ci portent sur le renforcement du capital humain, l’amélioration des moyens matériels, mais aussi sur la digitalisation, présentée comme un levier essentiel pour régler durablement les problèmes constatés à Marsassoum et, plus largement, dans la zone sud.
La mission a également pris part au Comité régional de développement (CRD) organisé par l’ARD. Cette rencontre a servi de cadre pour échanger avec les maires sur les circulaires récemment émises par l’État, en particulier celles relatives à l’utilisation de logiciels dits « clandestins » dans certaines communes. Ces logiciels, dont les concepteurs et les lieux d’hébergement des données sont souvent inconnus, posent selon l’ANEC de sérieux problèmes de sécurité et de protection des données personnelles des populations sénégalaises. Une circulaire publiée en novembre dernier est revenue sur cette question, tout comme une autre portant sur la gestion des volets 2 des registres d’état civil, que les maires doivent en principe compiler et transmettre aux tribunaux en fin d’année, une obligation rarement respectée.
L’ANEC a par ailleurs relevé de nombreuses irrégularités dans les processus et procédures de l’état civil, notamment la mauvaise gestion des volets 1 et 2, ainsi que des problèmes liés au profilage et à la qualification des agents et officiers d’état civil. Autant de manquements qui favorisent les risques de fraude et fragilisent la fiabilité du système.
Matar Ndao a insisté sur le fait que le logiciel de gestion des faits d’état civil est le seul logiciel certifié par l’État. Conçu par l’ANEC, il est mis gratuitement à la disposition des communes, avec la formation et la maintenance assurées par l’institution. Son déploiement est présenté comme une condition essentielle pour sécuriser les données et améliorer le contrôle du système.
Au-delà de la sécurisation, la digitalisation ouvre également de nouvelles perspectives pour les citoyens. Grâce aux plateformes développées, un Sénégalais né dans une commune donnée pourra désormais obtenir ses documents d’état civil depuis une autre localité, voire directement sur son téléphone portable. Enfin, l’ANEC prévoit l’installation de logiciels spécifiques dans les hôpitaux et la mise à disposition d’outils numériques pour les agents, officiers d’état civil et auxiliaires, afin de faciliter les pré-déclarations de naissances, de décès et de mariages, y compris ceux qui ne surviennent pas dans les structures sanitaires.
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