ECOUTEZ IRADIO

audio element.

BESBI LE JOUR

BES BI MAGAZINE

vendredi, février 27, 2026
EmediaSN
  • Accueil
  • ACTUALITÉS
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • INTERNATIONAL
  • CULTURE
  • PEOPLE
  • SOCIETE
  • SPORTS
  • TOP VIDÉOS
  • PRÉSIDENTIELLE 2024
No Result
View All Result
EmediaSN
No Result
View All Result

FMI-SENEGAL : LE DÉFI D’UN AJUSTEMENT À VISAGE HUMAIN

5 mois ago
in A L'INSTANT, ACTUALITÉS, ECONOMIE
0
20250805 132848 0000
1.5k
VIEWS

La déclaration de la Directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, affirmant la disposition du Fonds à conclure un nouveau programme avec le Sénégal, ouvre une nouvelle phase dans la relation entre Dakar et l’institution de Bretton Woods. Mais cette ouverture ne saurait occulter un impératif : stabiliser les finances publiques sans ébranler la cohésion sociale et politique du pays.

Un levier indispensable mais à manier avec prudence

Le FMI n’est pas une stratégie de sortie de crise, mais un levier de stabilisation. Son intervention vise à restaurer la confiance, rééquilibrer les comptes publics et redonner de la crédibilité financière au pays.
Le Sénégal, dont la situation budgétaire s’est dégradée, a aujourd’hui besoin du Fonds pour éviter une crise de financement et contenir le déficit public.

À court terme, toute alternative serait trop coûteuse et potentiellement vouée à l’échec. Les marges de financement internes sont faibles et les ressources extérieures disponibles en dehors du cadre FMI — eurobonds, prêts commerciaux ou bilatéraux — sont onéreuses et insoutenables.
Le recours au FMI n’est donc pas un choix de confort, mais une nécessité stratégique pour restaurer la stabilité budgétaire et la crédibilité macroéconomique.


Un ajustement budgétaire à visage humain

Ce partenariat doit cependant être négocié avec intelligence et humanité. Le FMI doit tirer les leçons des Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) des années 1980-1990, dont les effets sociaux ont profondément marqué le continent africain.
L’heure n’est plus aux politiques d’austérité aveugle, mais à un ajustement budgétaire à visage humain, conciliant rigueur financière, croissance inclusive et protection des populations vulnérables.

Le contexte géopolitique sahélien, marqué par la menace jihadiste et les tensions sociales, impose une approche contextualisée et prudente. Appliquer mécaniquement des recettes uniformes à un pays exposé à ces fragilités serait dangereux.
Le temps d’ajustement doit être suffisamment long et progressif pour éviter des coûts sociaux excessifs et préserver la stabilité nationale.

Le piège de la suppression des subventions sur l’énergie

Parmi les conditionnalités souvent évoquées figure la réduction des subventions à l’énergie. Or, une telle mesure constituerait aujourd’hui une erreur stratégique majeure.
Supprimer brutalement les subventions sur les carburants et l’électricité provoquerait une hausse en chaîne des prix, un effondrement du pouvoir d’achat et une tension sociale aux conséquences incalculables.

Ce risque, le Président Macky Sall ne l’a jamais voulu. Conscient de son potentiel déstabilisateur, il a toujours refusé de sacrifier la paix sociale sur l’autel des équilibres budgétaires.
Dans un pays où le coût de la vie pèse déjà lourdement sur les ménages, une telle décision aurait pu fragiliser la stabilité politique et ruiner des années d’efforts de cohésion nationale.

Le défi n’est donc pas de supprimer les subventions, mais de mieux les cibler : protéger les couches défavorisées, rationaliser les transferts et limiter les abus, sans infliger un choc brutal à la société.
C’est ce réalisme économique et social qui doit guider les discussions actuelles avec le FMI.

L’exemplarité de l’État : condition de crédibilité

Un ajustement à visage humain doit aussi être un ajustement exemplaire. Le gouvernement du Sénégal doit donner le bon exemple en réduisant drastiquement son train de vie :

baisse des hauts salaires et des avantages excessifs ;

rationalisation du parc automobile et des dépenses de prestige ;

surseoir à l’achat de véhicules pour les députés ;

réduction du train de vie des institutions publiques ;

et suppression progressive des fonds politiques non justifiés.


En résumé, il s’agit de réduire vigoureusement les dépenses de fonctionnement de l’État pour préserver les investissements structurants, ceux qui soutiennent la croissance, la création d’emplois et la transformation productive du pays.
Une telle démarche renforcerait la crédibilité du gouvernement dans ses négociations avec le FMI et démontrerait que l’effort budgétaire est équitablement partagé.


Conclusion : la main qui tient le levier

Le Sénégal doit faire preuve de rigueur financière, mais aussi de courage politique et de clairvoyance sociale.
C’est à ce prix que le pays pourra transformer cette contrainte en opportunité de refondation économique, tout en préservant la paix sociale et la stabilité politique.

Enfin, il faut rappeler qu’un accord avec le FMI est aujourd’hui indispensable pour renforcer la crédibilité du Sénégal sur les marchés financiers internationaux et mobiliser les bailleurs de fonds ainsi que les investisseurs étrangers.
Mais, en contrepartie, le FMI doit tenir compte de la dimension sociale, politique et géopolitique — notamment la menace jihadiste au Sahel — afin d’éviter de fragiliser un pays stable au cœur d’une région sous tension.
C’est à cette condition que l’ajustement budgétaire pourra être réellement efficace, soutenable et humainement acceptable.

Par Pr Amath Ndiaye, Économiste, Université Cheikh Anta Diop de Dakar

Tags: FMI
Previous Post

Lettre ouverte aux autorités de la république du Sénégal : Pour une gouvernance nationale de la cybersécurité à la hauteur des enjeux de l’heure.

Next Post

Solidarité carcérale : Mansour Faye évoque ses compagnons de détention et affirme qu’ils sortiront la tête haute

Related Posts

InCollage 20260227 104225014
A L'INSTANT

Ponctions sur salaires des enseignants : Olivier Boucal assume et défend la mesure

by EMEDIA
27/02/2026
1.5k
InCollage 20260227 095553525
A L'INSTANT

Sécurité : inauguration du commissariat de Dalifort-Foirail, un nouveau maillon du dispositif à Pikine

by EMEDIA
27/02/2026
1.4k
InCollage 20260227 093301479
A L'INSTANT

Souveraineté alimentaire : le PM Ousmane Sonko impose le riz local dans les achats des structures publiques

by EMEDIA
27/02/2026
1.5k
FB IMG 1772127655052
A L'INSTANT

Retenues sur salaires des enseignants : le MONEP appelle au dialogue et à l’équité

by EMEDIA
26/02/2026
1.4k
Next Post
InCollage 20251005 123052939

Solidarité carcérale : Mansour Faye évoque ses compagnons de détention et affirme qu’ils sortiront la tête haute

20251006 093239 0000

Dégradation des lacs : l’État sonne l’alerte et appelle à une action immédiate

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

BES BI LE JOUR

Politique

A L'INSTANT

Message du Khalife Thierno Madani Tall à la communauté sénégalaise du HavreLe Havre, 21 décembre 2025

by Assane
21/12/2025
0
1.6k

Read moreDetails
FB IMG 1766061086610
A L'INSTANT

Le FDR dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance de Pastef et appelle à la mobilisation nationale

by EMEDIA
18/12/2025
0
1.6k

Read moreDetails
IMG 20251214 WA0026
A L'INSTANT

CAP-Podor exige la libération immédiate du député-maire Farba Ngom

by EMEDIA
14/12/2025
0
1.5k

Read moreDetails

ECOUTER IRADIO


audio element.
EmediaSN

Copyright © 2023 Emedia

Plan du site

  • #1421 (pas de titre)
  • ACTUALITÉS
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • SOCIETE

Suivez Nous

No Result
View All Result
  • Accueil
  • ACTUALITÉS
  • POLITIQUE
  • ECONOMIE
  • INTERNATIONAL
  • CULTURE
  • PEOPLE
  • SOCIETE
  • SPORTS
  • TOP VIDÉOS
  • PRÉSIDENTIELLE 2024

Copyright © 2023 Emedia