L’hôpital Thierno Mansour Barro de Mbour, classé de niveau 1, peine à répondre aux besoins sanitaires des populations du département, malgré le statut régional de la localité. Le manque d’équipements et de capacités d’accueil a été vivement dénoncé lors de la cérémonie d’officialisation du parrainage de l’établissement, tenue le samedi 10 janvier.
Prenant la parole au nom du personnel, Mad Séne n’a pas usé de langue de bois. « On ne joue pas avec la santé. En tant que chef du personnel, il est de mon devoir de dire la vérité aux autorités », a-t-il déclaré. Selon lui, l’hôpital, bien que classé de niveau 1, fonctionne dans des conditions indignes d’un établissement censé couvrir les besoins d’un département comme Mbour. « Nous travaillons dans des conditions difficiles et pénibles. Mbour ne mérite pas cet hôpital », a-t-il martelé.
Le représentant du personnel s’est notamment indigné du faible nombre de lits disponibles : 27 pour la maternité et 19 pour les urgences. « Comment comprendre une telle situation ? Deux à trois malades se partagent parfois un même lit, et certaines femmes accouchent même à terre. Cela n’est pas normal », a-t-il déploré, soulignant la souffrance des patientes et l’urgence d’une amélioration des infrastructures.
Abondant dans le même sens, l’inspecteur Abdoul Daf, s’exprimant au nom de la famille Barro, a formulé le vœu de voir l’établissement érigé en hôpital de niveau 3, voire 4. Il a plaidé pour un hôpital « d’éthique et de compétences, respectueux du malade, où la science médicale s’allie à l’humanité et à la conscience morale ».
Évoquant la figure du parrain de l’hôpital, Abdoul Daf a rappelé que Thierno Mansour Barro « a consacré toute sa vie à l’éducation spirituelle, à la rectitude morale et à l’apaisement des cœurs ». Voyageur de la foi, il a effectué de nombreux périples spirituels en Afrique, en Asie et en Europe. À Mantes-la-Jolie, en France, où il comptait de nombreux disciples, il avait instauré un « daaka ».
Selon Abdoul Daf, Thierno Mansour Barro considérait la Tarika Tidjaniya comme « un lieu de rééducation des âmes, car nul n’est définitivement perdu et chacun peut se purifier et retrouver sa dignité ». Son attachement à la Tidjaniya était tel qu’il possédait une maison attenante à la Zawiya.
Fils de Thierno Ahmed Barro, qui quitta Matam pour s’installer à Mbour, Thierno Mansour Barro est né en 1925 à Mbour. Devenu khalife de son père à l’âge de 31 ans, il s’est éteint en France à 82 ans.
Aboubakry Kane, Emedia Mbour






