Le décor est saisissant à Ngayene Sabakh. Dans cette zone du Saloum, le vert de la végétation laisse place à la désolation. Depuis 90 jours, une présence massive de criquets pèse sur la commune. Arbres fruitiers et arbustes sont littéralement pris d’assaut par ces insectes voraces. Fait surprenant : seuls les acacias semblent pour l’instant épargnés par cet appétit destructeur.
Mais l’urgence est surtout sociale et économique. Les périmètres maraîchers, poumons économiques de la zone où s’activent des centaines de femmes, sont en première ligne. Malgré la mise en œuvre de techniques de lutte artisanales, le constat est amer : les populations sont dépassées. « Nous avons tout essayé, mais les criquets reviennent toujours plus nombreux », s’inquiète un producteur local.
Le spectre d’une catastrophe écologique plane sur la localité. Avec la proximité de la saison des pluies, les habitants craignent une multiplication exponentielle des spécimens, ce qui compromettrait gravement le début de l’hivernage.
Alertées, les autorités phytosanitaires ont promis de réagir. La Direction de la Protection des Végétaux (DPV) est attendue sur le terrain pour une intervention d’envergure. En attendant l’arrivée des équipes de traitement, les populations de Ngayene Sabakh scrutent le ciel, entre angoisse et espoir d’une solution radicale.
Sékou Diallo








