Le Sénégal a mobilisé les ressources nécessaires pour faire face à une échéance obligataire majeure prévue en mars 2026, selon des informations rapportées par Reuters et Bloomberg. D’après des sources proches du dossier, les autorités disposent des fonds requis pour assurer le remboursement des Eurobonds arrivant à maturité, pour un montant estimé à 485 millions de dollars, incluant le principal et les intérêts.
Cette échéance constitue un test déterminant pour la crédibilité financière du pays sur les marchés internationaux. Les autorités entendent effectuer le paiement dans les délais, écartant ainsi tout risque de défaut susceptible d’affecter davantage la signature souveraine du Sénégal.
Le financement de l’opération repose sur deux principaux leviers. D’une part, des recettes fiscales jugées robustes au premier trimestre, tirées notamment de l’impôt sur les sociétés, de l’impôt sur le revenu, de la TVA ainsi que des taxes sur les dividendes. D’autre part, des levées de fonds soutenues sur le marché régional de l’UEMOA, où Dakar a déjà mobilisé 510 milliards de FCFA, soit environ 922 millions de dollars, depuis le début de l’année. Cette stratégie permet au gouvernement de couvrir largement ses besoins immédiats sans recourir, à court terme, aux marchés internationaux.
Cette opération intervient dans un contexte économique délicat. Selon des estimations du Fonds monétaire international, la dette publique du Sénégal aurait atteint 132 % du PIB à la fin de 2024, après la révélation de plusieurs milliards de dollars d’emprunts non déclarés par l’administration précédente. En réaction, l’institution de Bretton Woods a suspendu un programme de prêt de 1,8 milliard de dollars, poussant les autorités à privilégier des émissions de dette à court terme sur le marché régional.
Des discussions sont néanmoins en cours entre Dakar et le FMI en vue de la mise en place d’un nouveau programme d’appui, dans l’objectif de restaurer durablement la confiance des partenaires financiers et des investisseurs.
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