Face aux tensions politiques et sécuritaires qui secouent la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), les enfants de la région ont décidé de prendre la parole. Dans une déclaration solennelle, ils appellent à une refondation de l’organisation, dénoncent la fermeture des frontières et demandent une meilleure prise en compte des aspirations des peuples.
Réunis à Ziguinchor, ces jeunes, issus notamment de la Sénégambie méridionale (Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau), affirment leur attachement aux idéaux des pères fondateurs de la CEDEAO et expriment leur inquiétude face aux crises démocratiques et aux défis sécuritaires persistants.
Les enfants signataires de cette déclaration regrettent que l’organisation régionale semble s’éloigner de sa mission initiale. Selon eux, elle se transforme progressivement en un « club de chefs d’État et de gouvernement déconnectés de la réalité vécue par les populations ». Ils dénoncent notamment la multiplication des sanctions contre les peuples du Mali, du Burkina Faso et du Niger à la suite des coups d’État dans ces pays.
La fermeture trop fréquente des frontières terrestres, les entraves à la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que les tensions politiques internes à certains États, sont également pointées du doigt. Les jeunes s’inquiètent de voir la CEDEAO perdre son rôle intégrateur au profit de querelles diplomatiques et politiques.

Dans leur message adressé aux dirigeants de la région, les enfants de la CEDEAO formulent plusieurs recommandations :
Interdiction définitive de la fermeture des frontières pour préserver les intérêts des populations et favoriser l’intégration économique.
Institution d’un défilé des enfants de la CEDEAO lors des célébrations d’indépendance dans chaque pays membre, afin de renforcer l’unité régionale.
Invitation aux États de l’Alliance des États du Sahel (AES) – regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger – à réintégrer la CEDEAO pour une coopération renforcée.
Engagement actif de la jeunesse dans le suivi et la mise en œuvre des décisions de la CEDEAO.
Les signataires insistent sur leur volonté de ne plus être de simples spectateurs, mais des acteurs du développement économique et social de la région.
Les enfants de la CEDEAO affirment qu’ils continueront à suivre de près l’évolution de la situation et qu’ils prendront leurs responsabilités pour faire entendre leur voix. Leur engagement se traduira notamment par leur participation au défilé du 4 avril 2025 à Ziguinchor, symbole de leur détermination à défendre une CEDEAO véritablement tournée vers ses peuples.

Ils concluent en appelant les chefs d’État à faire preuve de sagesse et à respecter l’esprit d’intégration voulu par les fondateurs de l’organisation. En cas d’inaction, préviennent-ils, ils n’hésiteront pas à s’opposer à toute tentative de réduire la CEDEAO à une simple structure de pouvoir.
Emedia