La progression du groupe jihadiste Jama’at Nusrat al-Islam wal-Muslimin (JNIM) dans la région malienne de Kayes, en 2025, a rapproché la violence extrémiste de la frontière orientale du Sénégal. Cette évolution a suscité une forte attention des autorités nationales et des partenaires internationaux, préoccupés par un éventuel débordement du conflit vers le territoire sénégalais, selon une étude de MEGATRENDS Afrika.
Cependant, sur le terrain, les populations vivant dans le département de Bakel, dans la région de Tambacounda, expriment des préoccupations plus larges que la seule menace jihadiste. Les habitants évoquent notamment la montée de la criminalité, l’isolement de certaines localités et la dégradation préoccupante de l’environnement, en particulier la pollution du fleuve Falémé, dont dépend une grande partie de l’activité économique locale.
Face à ces risques, l’État sénégalais a renforcé sa présence sécuritaire dans cette zone frontalière stratégique. Les autorités ont également misé sur une coopération étroite avec les communautés locales, qui jouent un rôle clé dans la prévention des menaces et dans le maintien de la stabilité. Cette approche participative est considérée comme un atout important dans la gestion des défis sécuritaires dans la zone.
Malgré les tensions régionales provoquées par la propagation des violences au Mali, au Niger et au Burkina Faso, plusieurs facteurs semblent pour l’instant protéger cette partie du Sénégal d’une déstabilisation majeure. La cohésion sociale entre les populations, les traditions de coopération avec l’État et la réponse sécuritaire jugée efficace contribuent à limiter les risques d’implantation durable de groupes armés.
Néanmoins, certaines vulnérabilités subsistent, notamment en raison des dynamiques internes aux groupes armés et des possibles effets de contagion régionale. Pour consolider les acquis sécuritaires, les analystes recommandent de poursuivre les efforts de coordination avec les communautés locales, notamment pour lutter contre la pollution du fleuve Falémé, tout en renforçant les investissements dans les infrastructures et le développement de cette zone frontalière longtemps marginalisée.
Dans ce contexte, la gestion des enjeux sécuritaires à la frontière entre le Sénégal et le Mali apparaît indissociable des questions économiques, environnementales et sociales qui préoccupent au quotidien les populations locales.
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