Le Premier ministre Ousmane Sonko a répondu, mardi 24 février, aux questions d’actualité des députés lors d’une séance à Assemblée nationale du Sénégal. Pour cette première prise de parole devant les parlementaires, plusieurs dossiers sensibles ont été abordés, notamment la situation des détenus sénégalais au Maroc, les violences survenues à l’université ainsi que le projet de loi relatif aux actes qualifiés de « contre nature », selon des informations rapportées par Le Soleil.
Interpellé sur le sort des Sénégalais incarcérés au Maroc, le chef du gouvernement a affirmé avoir entrepris toutes les démarches nécessaires. « J’ai fait tout ce que j’avais à faire. Cette situation n’honore pas notre relation fraternelle », a-t-il déclaré, évoquant des initiatives menées au plus haut niveau de l’État. Estimant que les détenus n’auraient pas bénéficié d’un procès équitable, il a indiqué avoir donné des instructions au ministre de la Justice pour un suivi rapproché du dossier. Il a par ailleurs rappelé que des accords existent entre les deux pays, permettant, en cas de non-grâce, de solliciter le transfèrement des condamnés afin qu’ils purgent leur peine au Sénégal.
La question des tensions dans l’espace universitaire a également occupé une large part des échanges. Ousmane Sonko a révélé que des bulletins d’information faisaient état de projets de vandalisme visant des restaurants universitaires. Il a tenu à préciser que le campus « reste comme un quartier de Dakar » et ne relève pas d’un régime d’extraterritorialité, tout en reconnaissant des manquements dans l’intervention des forces de défense et de sécurité. Le Premier ministre a condamné tout usage disproportionné de la force, appelant néanmoins à éviter toute stigmatisation de la police ou de la gendarmerie. Une enquête a été ouverte et des réformes sont en cours au sein des administrations civile et militaire, a-t-il assuré. Parmi les pistes envisagées figurent l’installation d’un commissariat sur le campus ainsi qu’une éventuelle délocalisation partielle de l’université.
Concernant le projet de loi sur l’homosexualité, le chef du gouvernement a indiqué avoir saisi le président de l’institution parlementaire d’un texte qu’il porte personnellement. Celui-ci maintient l’infraction au niveau du délit, écartant l’option d’une criminalisation. Selon lui, les concertations menées, notamment avec le collectif And Samm Jikko yii, convergent vers cette position. Le projet prévoit de définir l’« acte contre nature » et d’introduire des sanctions contre l’apologie et le financement de ces pratiques.
En conclusion, le Premier ministre a dénoncé la publication en ligne de statuts sérologiques, qu’il a qualifiée d’atteinte grave à la vie privée. Il a invité le procureur de la République à prendre les mesures nécessaires face à ces divulgations, estimant qu’elles causent des préjudices importants aux personnes concernées et à leurs familles.
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