Les marchés mondiaux de l’énergie ont été brutalement secoués ce lundi après l’intensification du conflit au Moyen-Orient. Dans un climat de forte inquiétude provoqué par les frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran, les prix du pétrole ont connu une envolée spectaculaire. En quelques heures seulement, le baril s’est envolé de près de 30 %, franchissant la barre des 115 dollars, un mouvement jugé historique par les analystes.
Vers 03h30 GMT, le baril de WTI, principale référence du marché américain, progressait de plus de 25 % pour atteindre 113,90 dollars après avoir brièvement dépassé les 115 dollars. De son côté, le Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait près de 23 % pour s’établir autour de 114 dollars. Depuis le début de l’offensive américano-israélienne contre l’Iran, le WTI affiche une hausse de près de 70 %, une progression rarement observée sur une période aussi courte, selon des informations rapportées par Le Figaro.
Cette flambée dépasse même les tensions observées lors de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, lorsque le baril avait atteint environ 130 dollars. Les investisseurs redoutent désormais une perturbation durable de l’approvisionnement mondial, notamment en raison de la situation dans le détroit d’Ormuz. Ce passage stratégique, par lequel transite près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié transportés dans le monde, est aujourd’hui quasiment paralysé.
Face à la flambée des prix qui commence déjà à peser sur les consommateurs américains, l’ancien président Donald Trump a réagi sur son réseau social Truth Social. Selon lui, cette hausse constitue un « petit prix à payer » pour garantir la sécurité et la paix des États-Unis et de leurs alliés.
Sur le terrain, les inquiétudes restent vives. Plusieurs pays producteurs du Golfe ont réduit leur production tandis que des infrastructures énergétiques sont menacées. L’Arabie saoudite affirme avoir intercepté de nouveaux drones visant le champ pétrolier de Shaybah. Parallèlement, l’Irak aurait diminué sa production d’environ trois millions de barils par jour, tandis que les Émirats arabes unis et le Koweït auraient également ralenti leur extraction.
La nervosité des marchés s’est immédiatement propagée aux places financières asiatiques. Les Bourses de Tokyo, Séoul et Taïpei ont fortement reculé, certaines enregistrant des chutes de plus de 5 %. L’Asie, très dépendante du pétrole du Moyen-Orient, craint un choc énergétique susceptible d’alimenter l’inflation et de ralentir la croissance.
Plusieurs grandes puissances commencent déjà à envisager des mesures d’urgence. Le Japon réfléchit à puiser dans ses réserves stratégiques tandis que la Chine aurait demandé à ses principaux raffineurs de suspendre leurs exportations de carburants afin de sécuriser son marché intérieur. De leur côté, les États-Unis pourraient assouplir certaines sanctions sur le pétrole russe afin de stabiliser l’offre mondiale.
Dans ce contexte d’incertitude géopolitique et économique, les analystes redoutent un nouveau choc pétrolier susceptible de peser sur les économies importatrices et d’entraîner une hausse généralisée des prix à la consommation à travers le monde.
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