
La santé buccodentaire demeure une préoccupation majeure à Nioro du Rip, où près de 4 000 consultations dentaires ont été enregistrées en l’espace d’une seule année. Un chiffre révélateur de l’ampleur du problème, selon le docteur Ousmane Diaw, chirurgien-dentiste, qui alerte sur la dégradation préoccupante de l’état dentaire de la population, en particulier chez les femmes et les enfants, les plus exposés.
Les données cliniques recueillies dressent un tableau inquiétant. Plus de 400 cas de cellulites, des infections sévères souvent accompagnées d’abcès, ont été recensés. À cela s’ajoutent 55 cas de traumatismes dentaires liés à des accidents de la voie publique, des chutes ou des rixes. La carie dentaire reste toutefois la pathologie la plus répandue, touchant au moins un patient sur trois, signe d’un déficit important en matière de prévention et d’hygiène buccale.
Le docteur Diaw pointe également du doigt des pratiques à risque encore très répandues dans cette zone rurale. Avant de consulter un professionnel de santé, de nombreux patients ont recours à la médecine traditionnelle ou à l’automédication, notamment aux médicaments vendus dans la rue. Des habitudes qui, loin d’apporter une solution, contribuent souvent à aggraver les pathologies initiales et exposent les patients à des complications graves, voire à des réactions allergiques.
Face à cette situation, le chirurgien-dentiste estime que la réponse ne peut se limiter aux structures sanitaires. Il plaide pour une approche globale impliquant les autorités locales et les acteurs de l’éducation. Une collaboration avec l’Inspection de l’Éducation et de la Formation est notamment envisagée afin d’organiser des consultations et des séances de sensibilisation dans les écoles et les daaras. Les collectivités territoriales sont également appelées à s’impliquer davantage pour faciliter la communication et soutenir les actions de prévention sur le terrain.
Pour les professionnels de santé, la prévention reste la clé pour inverser la tendance. Des gestes simples, comme le brossage des dents trois fois par jour pendant trois minutes après chaque repas et une consultation chez le chirurgien-dentiste au moins deux fois par an, permettraient d’éviter une grande partie des complications observées. Le message est clair : il ne faut pas attendre que la douleur devienne insupportable avant de se rendre dans un centre de santé.
Sekou Diallo, Emedia Kaolack







