Le Forum Civil, section sénégalaise de Transparency International, a publié une déclaration exprimant ses préoccupations face à la situation nationale marquée par des tensions persistantes dans des secteurs clés, des annonces de renégociation de contrats stratégiques et des interrogations autour de la dette publique.
L’organisation souligne que les secteurs de l’enseignement supérieur public, de l’éducation nationale et de la santé connaissent des perturbations récurrentes qui affectent la continuité de services publics essentiels. Selon elle, cette situation constitue une atteinte aux droits fondamentaux garantis par la Constitution, notamment le droit à l’éducation et à la santé, et compromet à la fois le présent et l’avenir de la nation.
Dans le même temps, le Forum Civil est revenu sur les annonces faites le 12 mars 2026 lors d’un point de presse du gouvernement, présidé par le Premier ministre, concernant la renégociation ou la résiliation de certaines conventions dans des secteurs stratégiques. S’il reconnaît que ces décisions relèvent des prérogatives de l’État, il rappelle que leur mise en œuvre doit impérativement respecter les principes de transparence et de redevabilité, inscrits à la fois dans le cadre constitutionnel et communautaire.
La question de la dette publique suscite également des préoccupations. D’après les informations relayées par la presse, le Sénégal aurait contracté en 2025 un emprunt de 650 millions d’euros auprès de l’Africa Finance Corporation et de First Abu Dhabi Bank, via des mécanismes financiers de type Total Return Swaps. Toutefois, lors d’une conférence de presse tenue le 26 mars 2026, le ministre des Finances et du Budget, accompagné de responsables de la Comptabilité publique et de la Dette, a évoqué l’intervention d’un troisième acteur, la Société Générale, et précisé que le montant total de la dette s’élèverait à 721 milliards de francs CFA, soit un niveau supérieur à celui initialement avancé.
Face à ces éléments, le Forum Civil estime que l’autorisation parlementaire du plan d’emprunt ne couvre pas nécessairement les mécanismes financiers utilisés et juge indispensable d’informer pleinement les citoyens. L’organisation appelle ainsi à la publication des conventions liées à ces emprunts ainsi que de l’ensemble des documents y afférents.
De manière plus générale, le Forum Civil invite le gouvernement à privilégier le dialogue et la concertation avec l’ensemble des parties prenantes, notamment les universités, les établissements publics de santé, les syndicats et les représentants des apprenants, afin d’assurer la qualité et la continuité des services publics sociaux. Il demande également la publication d’informations complètes sur les renégociations et résiliations de contrats dans le secteur extractif.
Enfin, l’organisation rappelle à l’État son obligation de rendre public le rapport du cabinet Forvis Mazars portant sur la dette publique, considéré comme un élément clé pour renforcer la transparence dans la gestion des finances publiques.
Emedia






