À l’approche de la traditionnelle cérémonie du Kankourang, moment fort du calendrier culturel mandingue, la ville de Mbour se prépare dans un contexte marqué par une certaine pluralité. Pour la première fois, le préfet Amadou Diop a accordé des autorisations officielles à quatre structures distinctes pour organiser les festivités.
Historiquement, le Kankourang – rituel initiatique de circoncision – est une tradition jalousement gardée par la Collectivité Mandingue, introduite à Mbour en 1904 par Mady Koté. Longtemps détentrice exclusive de cette pratique culturelle, la Collectivité fait désormais face à l’émergence de trois autres groupes organisateurs.
Dans un souci d’équité et de préservation de la paix sociale, le préfet a décidé de légaliser toutes les entités impliquées cette année. Il s’agit de :
La Collectivité Mandingue
Le Dioudiou Cissé Kounda, basé au quartier Oncad
L’Association Mbour Dingol, implantée dans les quartiers Espagne et Gouy Mouride
La Cellule Domassou, présente dans la zone Sonatel et Poulailler
Dans son arrêté, le préfet rappelle que les organisateurs ont l’obligation de garantir le maintien de l’ordre public et la tranquillité des populations. Il précise également que chaque structure devra rester dans sa zone de polarisation, tout en évitant toute perturbation de la circulation sur la route nationale.
Cette décision n’est toutefois pas du goût de tous. La Collectivité Mandingue, par la voix de certains de ses membres, dénonce une banalisation du Kankourang, jadis perçu comme un puissant vecteur de cohésion sociale. Selon eux, la multiplication des structures fait naître des rivalités et contribue à transformer cette tradition en source de conflits.
Aboubakry Kane