Le collège des délégués du personnel du Centre régional des œuvres sociales et universitaires (CROUS) de Ziguinchor a organisé un sit-in ce matin pour dénoncer plusieurs dysfonctionnements dans la gestion de l’institution. À travers leur porte-parole du jour, Moussa Seck, les travailleurs pointent notamment une opacité dans les procédures de régularisation du personnel, des retards de salaire, ainsi qu’un refus présumé de la direction d’exécuter certaines décisions de justice.
Selon les délégués, cinq points majeurs motivent leur mouvement d’humeur. Ils évoquent d’abord l’absence de concertation autour de la régularisation des agents en contrat à durée indéterminée (CDI), malgré la recommandation du conseil d’administration de mettre en place un comité de veille avec des critères précis tels que l’ancienneté, les compétences et les besoins du service. Ils dénoncent également la publication d’une liste de 20 agents jugée « opaque », dont les critères de sélection restent inconnus des partenaires sociaux.
Les représentants du personnel soupçonnent en outre des pratiques de recrutement fondées sur des considérations familiales ou relationnelles, en dehors des règles établies par le Code du travail. À cela s’ajoute le cas d’un agent, Thierno Kandé, qui aurait obtenu gain de cause devant la justice après avoir contesté une mutation jugée abusive. Les délégués affirment que la décision judiciaire tarde toujours à être appliquée, exposant l’institution à d’éventuelles sanctions financières.
Les travailleurs dénoncent aussi le refus systématique d’accorder des congés pourtant demandés dans les règles, ainsi que des dysfonctionnements liés à l’Institution de Prévoyance Maladie (IPM). Face à ces griefs, ils disent avoir sollicité à plusieurs reprises un dialogue avec la direction, sans succès.
De son côté, le directeur du CROUS de Ziguinchor, Salif Baldé, rejette en bloc ces accusations qu’il qualifie de « non-événement ». Il met en avant les avancées enregistrées sous sa direction, notamment la construction en cours d’un nouveau pavillon universitaire d’une capacité de 1 000 lits, destiné à améliorer significativement les conditions d’hébergement des étudiants.
Concernant les salaires, le directeur nie tout retard structurel, évoquant plutôt un décalage ponctuel lié à des contraintes administratives, notamment une erreur sur un numéro de compte lors du virement des fonds. Il précise que les salaires ont été finalement payés le 9 du mois, estimant qu’il ne s’agit pas d’un retard au sens réglementaire.
Sur le dossier de Thierno Kandé, Salif Baldé affirme que l’affaire reste pendante devant la justice et relève des prérogatives administratives liées à la nomination des chefs de service. Quant au processus de recrutement, il assure qu’il est désormais encadré par des critères validés par le conseil d’administration, en rupture avec les pratiques antérieures.
Ce mouvement de contestation met en lumière des tensions persistantes entre la direction et une partie du personnel du CROUS de Ziguinchor, sur fond de revendications sociales et de divergences de gouvernance.
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