La lutte contre le paludisme continue de mobiliser les acteurs de la santé, alors que la maladie demeure une cause importante de morbidité et de mortalité. Malgré les stratégies déjà mises en œuvre, un nouvel espoir se dessine avec l’avancée vers l’introduction d’un vaccin.
Dans ce cadre, l’Université Iba Der Thiam de Thiès organise à Somone un atelier réunissant des représentants de 14 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Cette rencontre vise à faire le point sur l’état d’avancement du projet OPT-MVAC et à favoriser le partage d’expériences entre les différents pays participants.
Le projet OPT-MVAC, pour “Optimising Malaria Vaccine Uptake”, a pour objectif d’accompagner ces États dans l’amélioration de la mise en œuvre du vaccin antipaludéen. Il ambitionne notamment de faciliter son intégration dans les programmes nationaux de santé.
Selon le professeur Aliou Thiongane, coordonnateur du Programme de lutte contre le paludisme, ce vaccin représente une avancée majeure. Il viendra compléter les dispositifs existants, notamment les mesures préventives, les traitements médicamenteux, le suivi des patients ainsi que les campagnes de sensibilisation.
Il rappelle que la stratégie de lutte contre la maladie repose sur plusieurs axes, dont la prévention, le diagnostic et le suivi-évaluation. L’arrivée du vaccin constitue ainsi une étape décisive, en cohérence avec l’objectif de l’Organisation mondiale de la santé d’éliminer le paludisme d’ici 2030.
Les données récentes témoignent d’ailleurs de progrès notables au Sénégal. Entre 2024 et 2025, la morbidité est passée de 23 à 12 cas pour mille habitants. La mortalité a également reculé, passant de 314 décès en 2014 à 190 décès en 2024, traduisant des avancées significatives dans la lutte contre la maladie.
De son côté, la professeure Fatou Binetou Sarr, directrice de la recherche et de l’innovation scientifique à l’Université Iba Der Thiam, a salué l’implication de son institution dans ce projet. Elle a souligné le rôle des universités dans la formation, la recherche et l’innovation, mais aussi leur responsabilité face aux enjeux sociétaux, notamment en matière de santé publique.
À travers cette initiative, les acteurs engagés espèrent accélérer l’introduction du vaccin et renforcer les efforts déjà consentis pour réduire durablement l’impact du paludisme dans la région.
Aboubakry Kane, Emedia Mbour








