Le maire de Ziguinchor, Djibril Sonko, est sorti de son silence après plusieurs jours de rumeurs liées à une procédure judiciaire concernant un présumé dossier financier au sein de la mairie. Face à la presse, l’édile a tenu à apporter des éclaircissements sur sa convocation par la justice et sur les circonstances de l’affaire.
Une convocation dans le cadre d’une enquête
Dans sa déclaration, Djibril Sonko a rappelé avoir été convoqué par le juge d’instruction afin de fournir des informations sur une affaire impliquant un agent municipal. Il a expliqué s’être présenté à toutes les convocations, d’abord devant la brigade de recherches, puis à deux reprises devant le juge d’instruction.
« J’ai apporté tous les éclairages nécessaires et répondu à toutes les questions qui m’ont été posées », a-t-il affirmé, précisant qu’à l’issue de ces auditions, rien ne l’implique « ni de près ni de loin » dans les faits évoqués.
Le maire a insisté sur le respect des principes de transparence et de responsabilité dans la gestion des affaires publiques, soulignant que sa priorité reste le développement de la ville et le service des populations.
Le cas de l’agent municipal Yahya Mansaly
L’affaire concerne un agent de la mairie, Yahya Mansaly, régisseur de l’état civil. Selon le maire, cet agent avait été recruté bien avant son arrivée à la tête de la municipalité et nommé régisseur en 2014 par l’ancien maire.
Dans le cadre de ses fonctions, il était chargé de vendre des vignettes et de reverser les montants collectés au receveur-percepteur municipal.
C’est lors de la clôture de la gestion 2024 que le nouveau receveur municipal a constaté un écart entre les carnets de vignettes remis au régisseur et les montants effectivement reversés. Une somme restait ainsi non justifiée.
Le receveur a alors transmis la situation au maire, tout en demandant à l’agent concerné de fournir des explications et de présenter les vignettes restantes.
Une procédure interne avant toute plainte
Djibril Sonko affirme avoir convoqué l’agent dans son bureau en présence de plusieurs responsables administratifs de la mairie. À l’issue de cet entretien, il lui a été demandé de rembourser le montant réclamé.
Par mesure de précaution, l’agent a également été relevé de ses fonctions de régisseur et remplacé.
Selon le maire, la volonté initiale de la mairie était de lui laisser la possibilité de rembourser avant d’envisager une procédure judiciaire.
« C’est un père de famille. Dans un premier temps, on ne porte pas plainte immédiatement. On lui donne la possibilité de rembourser », a-t-il expliqué.
L’ouverture d’une enquête judiciaire
Entre-temps, l’affaire a été portée devant le procureur, qui a décidé d’ouvrir une enquête confiée à la section de recherches de la gendarmerie.
Dans ce cadre, le maire de Ziguinchor a été entendu en tant que responsable moral de l’institution municipale afin d’expliquer le fonctionnement administratif et financier de la mairie.
Il a notamment rappelé que la gestion des « valeurs inactives » (tickets de marché et vignettes) relève du receveur-percepteur municipal et non directement de la mairie.
« Je n’ai rien à voir avec cette affaire »
Djibril Sonko a affirmé qu’il n’avait aucune implication dans cette affaire, expliquant que le système de gestion des vignettes ne dépend pas de lui.
Il a également mis en avant son parcours dans l’administration financière, rappelant avoir été percepteur pendant plusieurs années dans différents départements, notamment à Kébémer et à Gossas.
Selon lui, son intégrité professionnelle peut être vérifiée dans toutes les localités où il a exercé.
Un appel à la responsabilité
Le maire a enfin dénoncé les accusations et les rumeurs diffusées sur les réseaux sociaux, qu’il qualifie de diffamation.
« Des gens passent leur temps à accuser sans connaître les faits. Pourtant, ces accusations touchent des citoyens qui ont une famille, des enfants et des proches », a-t-il regretté.
Malgré la polémique, Djibril Sonko assure rester mobilisé pour poursuivre le travail engagé pour le développement de Ziguinchor et répondre aux attentes des populations.
Emedia








