Le collectif citoyen L’Heure est Grave a appelé les autorités étatiques à accélérer et renforcer les mécanismes d’intervention pour la reconstruction du pont Émile Badiane, ouvrage stratégique de 46 ans dont l’état de dégradation suscite une inquiétude croissante.
Lors d’un point de presse organisé samedi devant le pont à Ziguinchor, en présence d’acteurs de la société civile et de transporteurs, le président du collectif, Elhadji Camara, a dressé un tableau préoccupant de la situation. Selon lui, les observations recueillies auprès d’usagers, de techniciens et d’acteurs locaux font état de fissures avancées, d’effritement du béton, d’armatures apparentes et de vibrations anormales lors du passage de véhicules lourds. Autant de signes qui, sans verser dans l’alarmisme, exigent une prudence absolue et une expertise actualisée et transparente.
Le collectif a formulé plusieurs recommandations, notamment le renforcement du dispositif d’évaluation, le financement rapide des travaux et la publication d’un audit technique remis à jour. Il propose également l’étude d’une limitation temporaire du tonnage autorisé sur le pont, ainsi que l’élaboration d’un calendrier clair pour sa réhabilitation ou sa reconstruction. « Le danger est permanent et les promesses ont duré, mais nous gardons confiance en la capacité de l’État à prendre les décisions appropriées », a déclaré Elhadji Camara, réaffirmant la volonté du collectif d’accompagner toute démarche visant à sécuriser l’ouvrage.
Les membres ont rappelé que le pont Émile-Badiane, inauguré le 19 février 1979, constitue un axe vital pour la mobilité, l’économie et la cohésion sociale de la Casamance. Un avis partagé par Madia Diop Sané, coordonnateur national du mouvement Vision citoyenne, qui insiste sur l’urgence absolue : « Nous ne voulons plus de promesses. L’heure est grave et le pont est dans un état grave. Il faut immédiatement réaliser ce pont. »
Même son de cloche du côté des transporteurs. Ousmane Thiam, représentant des conducteurs de Ziguinchor, a exhorté l’État à agir sans délai : « Il faut réaliser ce pont pour espérer sauver des vies. La Casamance mérite un ouvrage moderne et sécurisé. La réalisation de ce pont doit être une priorité. »
Face à la montée des inquiétudes, le Premier ministre Ousmane Sonko a indiqué vendredi à l’Assemblée nationale qu’une enveloppe de 50 milliards de francs CFA est prévue pour la reconstruction du pont dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES). Une annonce accueillie avec prudence par les acteurs locaux, qui demandent désormais des mesures concrètes et un calendrier d’exécution.
Pour le collectif L’Heure est Grave, l’enjeu dépasse largement les clivages politiques : il s’agit de protéger les populations et de garantir leur droit fondamental à circuler en sécurité. Les acteurs locaux appellent ainsi à une mobilisation rapide afin d’éviter qu’un ouvrage essentiel pour des milliers d’usagers ne devienne un danger majeur.
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