Le Ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, le Dr Ibrahima SY, a tenu un face-à-face avec la presse ce jeudi 05 mars 2026. Cette rencontre a permis d’apporter des éclaircissements définitifs sur l’affaire dite « SOFTCARE », en se basant sur les conclusions d’un comité d’experts et d’analyses internationales.
Ouvrant sa communication, le Ministre a tenu à rassurer les usagers et l’ensemble des consommateurs quant à l’absence de risque sanitaire lié à une éventuelle utilisation de matières premières périmées. Il a affirmé que les conclusions du comité d’enquête sont « sans ambiguïté » : aucune preuve scientifique ne démontre l’usage effectif de composants périmés dans les produits actuellement commercialisés. De plus, « aucun signal de matériovigilance, aucune alerte sanitaire, ni aucune donnée épidémiologique » n’est venu établir un risque pour les populations à ce jour.
Le Dr Ibrahima SY a par ailleurs révélé que des analyses indépendantes, réalisées par le laboratoire allemand « GALAB », ont attesté la conformité d’un échantillon de produits aux standards internationaux, notamment concernant l’absence de contaminants environnementaux. Il a rappelé que la nature de ces produits (textiles absorbants sans additifs chimiques actifs) et leur mode d’utilisation en font des articles à « faible dangerosité intrinsèque », dès lors que les normes de fabrication et les durées de contact sont respectées.
Abordant le volet réglementaire, le chef du Département de la Santé a souligné que les couches pour bébés et les serviettes hygiéniques relèvent désormais juridiquement de la catégorie des produits d’hygiène corporelle, selon l’article 42 de la loi 2023-06. Tout en reconnaissant certaines « insuffisances » dans les inspections passées de l’Agence sénégalaise de Réglementation Pharmaceutique (ARP), il a insisté sur la nécessité de privilégier, à l’avenir, une « démarche pédagogique » pour accompagner les industriels vers l’excellence tout en préservant l’outil de production économique national.
Concernant les mesures correctives, le Ministre a annoncé une série de réformes pour renforcer durablement la sécurité sanitaire. Il s’agit notamment de l’accélération de l’adoption du décret encadrant les produits cosmétiques et d’hygiène, de l’élaboration de normes nationales sur la qualité et l’étiquetage, ainsi que de la création d’un cadre formel de coordination entre l’ARP et la Direction du Commerce Intérieur. Un dispositif renforcé de matériovigilance sera également mis en place pour assurer une veille permanente.
Enfin, le Ministre a réaffirmé que « la priorité du ministère de la santé reste inchangée : assurer la protection des populations, consolider les institutions et soutenir le développement d’une industrie responsable ». Il a également instruit ses services de redynamiser le programme de vérification des importations pour les produits non alimentaires, conformément aux dispositions réglementaires en vigueur.
Emilia Ndiaye, stagiaire








