C’est dans une atmosphère empreinte d’émotion que le Colonel Amadou Tidiane Cissé a procédé à la présentation et à la dédicace de son ouvrage Le Banquet des minerais, devant un parterre d’invités et d’éminentes personnalités du monde académique, institutionnel et militaire.
Ouvrant son discours, l’auteur a tenu à exprimer sa gratitude au professeur Ahmadou Aly Mbaye, ancien recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, qu’il qualifie de caution scientifique majeure de son ouvrage. Il a également salué la contribution du docteur Ousmane Cissé, spécialiste du droit minier reconnu à l’échelle internationale, ainsi que celle d’Alioune Tine, figure de la société civile et directeur général d’Africa Jom Center, dont l’engagement pour la souveraineté des peuples est mis en parallèle avec les enjeux de gouvernance des ressources naturelles.
Le Colonel Cissé a aussi rendu hommage au Général Mbaye Cissé, qu’il présente comme un symbole de la défense des intérêts stratégiques de l’État, soulignant que les enjeux de souveraineté ne se limitent plus aux frontières physiques mais s’étendent désormais aux ressources critiques et aux équilibres économiques mondiaux.
S’adressant à un ancien ministre des Douanes présent à la cérémonie, il a rappelé le rôle fondamental des administrations douanières dans la protection du patrimoine national, estimant que leur mission dépasse la simple collecte des recettes pour toucher à la sécurité économique de l’État. Il a également salué les anciens et aînés du corps des douanes, ainsi que ses camarades de promotion, collègues, amis et membres de sa famille.
Au cœur de son ouvrage, l’auteur dresse un constat critique du paradoxe africain : un continent riche en ressources minières stratégiques — cobalt, coltan, cuivre, lithium, terres rares, manganèse, bauxite ou encore fer — mais dont les bénéfices échappent largement aux populations locales. Il décrit une Afrique devenue un espace de compétition intense entre grandes puissances, où la Chine et les États-Unis dominent les chaînes de valeur.
Évoquant la stratégie chinoise, il revient sur l’Initiative “la Ceinture et la Route” et sur les investissements massifs de Pékin dans les infrastructures et les ressources africaines, citant notamment la rénovation de la ligne ferroviaire TAZARA et l’importance croissante de la dette africaine envers la Chine, estimée à plusieurs dizaines de milliards de dollars.
Face à cette présence chinoise, les États-Unis cherchent à renforcer leur position dans le secteur des minerais critiques, à travers des accords stratégiques en Afrique, notamment en République démocratique du Congo et en Zambie, ainsi que des investissements dans les infrastructures de transport et les entreprises minières. L’auteur cite plusieurs initiatives et partenariats illustrant cette compétition géoéconomique autour des ressources indispensables à la transition énergétique.
Le Colonel Cissé met également en lumière les nouveaux enjeux liés à la sécurité des zones minières, notamment la montée en puissance des sociétés militaires privées et les projets de militarisation de la protection des sites stratégiques, citant le cas de la République démocratique du Congo et la création d’unités paramilitaires dédiées à la sécurisation des mines.
Selon lui, cette bataille mondiale autour des “minerais verts” s’inscrit dans un contexte de conflits armés et de recomposition des rapports de force internationaux. Il estime que la guerre de demain ne sera plus centrée sur le pétrole, mais sur les batteries et les ressources nécessaires à la transition énergétique, faisant de l’Afrique l’un des principaux théâtres de cette compétition mondiale.
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