
Le président de l’Union nationale des Chambres de Commerce, d’Industrie et d’Agriculture du Sénégal, Serigne Mboup, a effectué une visite à la Chambre de commerce de Ziguinchor ainsi qu’au Port de Ziguinchor, à l’invitation de responsables consulaires locaux. Ce déplacement a été l’occasion pour lui de réaffirmer l’engagement du secteur privé dans le développement économique de la Casamance et de plaider pour une meilleure valorisation des infrastructures portuaires de la région.
Lors de son intervention, Serigne Mboup a exprimé son attachement à la Casamance, qu’il considère comme une région stratégique du Sénégal, rappelant les liens historiques, humains et économiques qui unissent cette zone au reste du pays. Il a également salué les progrès réalisés dans le processus de paix, tout en soulignant que la stabilité durable passe aussi par le développement économique, la création d’emplois et l’autosuffisance des populations.
Le responsable consulaire a, par ailleurs, félicité le président de la République Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko pour les initiatives engagées dans le cadre du plan de développement de la Casamance. Selon lui, ce programme vise à renforcer les infrastructures, attirer les investissements et ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour la région.
Serigne Mboup a aussi rappelé le rôle historique joué par les chambres de commerce dans la création et le développement de certaines infrastructures portuaires au Sénégal, notamment celles de Ziguinchor et de Kaolack. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la complémentarité entre les ports de Dakar, de Kaolack et de Ziguinchor afin de soutenir le commerce et le développement économique à l’échelle nationale et régionale.
Le président de l’Union nationale des chambres de commerce a également soulevé des questions institutionnelles liées à la représentation des chambres consulaires dans certaines instances nationales, notamment au sein du conseil d’administration du Port autonome de Dakar. Il estime que certaines dispositions actuelles ne reflètent pas pleinement l’organisation consulaire et appelle à une meilleure prise en compte du rôle des différentes chambres de commerce du pays.
Selon lui, le port de Ziguinchor dispose d’un potentiel important qui pourrait être davantage exploité. Il souligne que les difficultés logistiques et les coûts élevés de transport constituent aujourd’hui un frein au développement industriel local. À titre d’exemple, il indique que le transport d’un conteneur entre Dakar et Ziguinchor peut atteindre plusieurs millions de francs CFA, un coût qui réduit la compétitivité des entreprises locales face aux marchés internationaux.
La visite a toutefois été marquée par une vive réaction d’un opérateur économique local. Aboubacar Camara, basé à Ziguinchor, a exprimé son indignation face aux restrictions imposées lors de la visite au port. Selon lui, certaines consignes auraient empêché les médias de filmer l’hôte venu de Kaolack, ce qu’il considère comme une injustice.
Visiblement ému, l’opérateur économique a dénoncé ce qu’il qualifie d’entraves à l’accès au port par les acteurs économiques locaux. Il a également interpellé le directeur général du Port autonome de Dakar, Waly Diouf Bodian, l’appelant à revoir certaines décisions concernant la gestion du port de Ziguinchor.
Aboubacar Camara estime que les opérateurs économiques de la région ont historiquement contribué à la construction et au développement de cette infrastructure et réclame une meilleure implication des acteurs locaux dans sa gestion et son exploitation. Selon lui, la relance du port est essentielle pour redynamiser l’économie régionale et offrir de nouvelles opportunités aux entreprises de la Casamance.


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