Macky Sall plaide pour un multilatéralisme rénové lors du dialogue sur la succession du Secrétaire général de l’ONU
À New York, à l’occasion d’un dialogue public consacré à la désignation du prochain Secrétaire général des Nations Unies, Macky Sall a présenté sa vision et ses priorités devant les États membres, les organisations internationales et la société civile.
Dès l’ouverture de son intervention, il a salué l’initiative de la Présidente de l’Assemblée générale et rendu hommage aux autres candidats en lice, avant de dresser un constat préoccupant de la situation mondiale. Selon lui, les défis actuels — rivalités géopolitiques croissantes, conflits violents, vulnérabilités climatiques, fragilités économiques et sociales, ainsi que les migrations — ne relèvent plus de crises cycliques, mais d’un déséquilibre systémique profond.
Dans ce contexte, il a toutefois souligné l’émergence d’opportunités inédites, notamment grâce aux avancées rapides des technologies comme l’intelligence artificielle, qu’il considère comme un levier majeur de progrès si elle est encadrée avec responsabilité. Face à ces défis et opportunités, il a réaffirmé le rôle central du multilatéralisme pour préserver la paix, protéger les droits humains et promouvoir le développement.
Présentant les fondements de sa candidature, Macky Sall a mis en avant près de quarante années d’expérience au service de l’État, depuis ses débuts comme fonctionnaire jusqu’à ses fonctions de chef d’État. Ce parcours, a-t-il expliqué, lui a permis de développer une capacité d’écoute, de dialogue et de prise de décision dans des contextes complexes.
S’il était élu, il a indiqué que sa priorité serait de restaurer la confiance entre les nations, de réduire les tensions et de renforcer la cohésion internationale. Il s’est engagé à incarner un Secrétaire général impartial, capable de dialoguer avec tous et de construire des ponts entre les différentes régions du monde, notamment entre le Nord et le Sud et entre l’Est et l’Ouest.
Parmi ses axes d’action, il a annoncé vouloir renforcer la diplomatie préventive, améliorer les mécanismes d’alerte précoce et engager une réflexion sur l’efficacité des opérations de maintien de la paix. Il a également insisté sur la nécessité de maintenir les droits humains au cœur de l’action des Nations Unies, en rappelant leur caractère universel et indivisible.
À quatre ans de l’échéance de l’Agenda 2030, il a plaidé pour une accélération de la mise en œuvre des Objectifs de développement durable. Il a alerté sur le poids croissant de la dette dans de nombreux pays et sur l’aggravation des inégalités, touchant particulièrement les jeunes et les femmes.
Sur le plan économique, il a proposé de repenser le financement du développement en misant davantage sur le partenariat, l’investissement et le commerce, tout en facilitant l’accès au crédit. Selon lui, ces leviers sont indispensables pour soutenir une croissance inclusive et créer massivement des emplois.
Concernant le fonctionnement des Nations Unies, Macky Sall a estimé que l’organisation devait évoluer en profondeur. Il a promis de poursuivre les réformes en mettant l’accent sur une gestion plus transparente et efficace, guidée par trois principes : rationaliser, simplifier et optimiser. Il a également évoqué la nécessité de renforcer la coordination entre les différentes entités onusiennes afin d’éviter les duplications et d’améliorer l’impact sur le terrain.
Il a par ailleurs réaffirmé son soutien à une réforme du Conseil de sécurité, fondée sur un consensus entre les États membres, afin d’en renforcer la légitimité et l’efficacité.
En conclusion, Macky Sall a appelé à un sursaut collectif, estimant que le monde se trouve à un tournant décisif entre division et unité. Il a insisté sur l’importance de restaurer la confiance à travers des actions concrètes et des résultats tangibles, tout en invitant les États membres à faire preuve d’audace et de responsabilité pour permettre aux Nations Unies de rester pertinentes face aux défis contemporains.
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