Le différend opposant le Maroc au Sénégal autour de la finale de la CAN 2025 continue d’alimenter l’actualité sportive et juridique. Lors d’une conférence de presse tenue à Paris, le pool d’avocats de la Fédération sénégalaise de football (FSF) a apporté des éclaircissements sur la portée réelle des décisions rendues jusqu’ici dans ce dossier sensible.
Contrairement à certaines informations relayées ces derniers jours, aucune instance n’a ordonné au Sénégal de restituer le trophée, les médailles ou les primes liées à la compétition. Me Seydou Diagne a précisé que la Fédération royale marocaine de football avait introduit quatre requêtes, aussi bien en première instance qu’en appel. Parmi celles-ci figuraient la reconnaissance d’un retrait du Sénégal, l’attribution d’une victoire au Maroc sur tapis vert (3-0), le retrait du titre au Sénégal ainsi que la remise au Maroc de l’ensemble des récompenses, incluant la coupe, les médailles et les gains financiers.
Selon les éléments présentés, les décisions rendues par les instances disciplinaires de la Confédération africaine de football (CAF) traduisent une position jugée paradoxale. Si certaines demandes marocaines ont été acceptées, notamment la reconnaissance d’un abandon du Sénégal et la validation d’une victoire sur tapis vert, d’autres ont en revanche été rejetées. Il s’agit en particulier du retrait du titre au Sénégal et de la restitution des distinctions individuelles et des primes, qui n’ont pas été retenus par le Jury d’appel.
Cette situation aboutit à une décision qualifiée d’hybride par les avocats sénégalais : le Maroc est reconnu vainqueur sur le plan disciplinaire, sans pour autant bénéficier des retombées sportives et financières habituellement associées à un tel verdict. Une incohérence juridique qui, selon eux, fragilise la décision et justifie la poursuite de la procédure.
Désormais, le dossier est entre les mains du Tribunal arbitral du sport (TAS), seule instance habilitée à trancher définitivement ce litige. L’issue de cette bataille se jouera donc sur le terrain du droit, dans un dossier qui dépasse largement le cadre sportif pour poser des questions de cohérence réglementaire et de gouvernance du football africain.
Emedia








