Le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé, ce jeudi 26 mars 2026, la cérémonie officielle de lancement du projet de construction d’un immeuble Waqf public au profit des daara. Situé en plein centre-ville, cet édifice de 20 étages marque un tournant dans le financement autonome des écoles coraniques au Sénégal.
Un levier d’autonomie pour 64 daara
Ce projet ambitieux, porté par la Haute Autorité du Waqf (HAW), vise à garantir la pérennité et l’indépendance financière des structures d’enseignement religieux. Selon Ahmed Lamine Athie, Directeur général de la HAW, l’objectif est d’assurer le fonctionnement des 64 daara construits par l’État à travers le pays, tout en accompagnant les daara modernes.
Grâce au mécanisme du Waqf, les revenus générés par l’exploitation de cet immeuble permettront à l’État de se décharger progressivement de certains coûts opérationnels, libérant ainsi des espaces budgétaires pour d’autres besoins sociaux.
Un joyau architectural au cœur du Plateau.
L’infrastructure, dont la première pierre a été posée à l’angle de la rue Amadou Assane Ndoye et de la rue Huart, présente des caractéristiques techniques impressionnantes :
• Structure : Un immeuble de 20 niveaux comprenant 2 sous-sols, un rez-de-chaussée, une mezzanine et 16 étages.
• Investissement : Un coût global de 24 millions de dollars, cofinancé par la Banque Islamique de Développement (BID) et l’État du Sénégal.
• Rentabilité : Les revenus annuels attendus sont estimés à environ 2 milliards de FCFA.
Expertise 100% sénégalaise et impact social
Au-delà de sa mission éducative, le chantier se veut un moteur de l’économie locale. Le Directeur général a insisté sur la « sénégalisation » du projet : les entreprises de construction et de supervision sont exclusivement nationales.
De plus, 80 % des ingénieurs mobilisés sont issus de l’École Polytechnique de Thiès (EPT). Sur le plan de l’emploi, le projet prévoit la création de 250 à 300 emplois durant la phase de construction et une vingtaine d’emplois permanents lors de l’exploitation.
Les travaux devraient durer 36 mois. Ce projet n’est, selon M. Athie, qu’un « premier jalon » d’une série d’actifs Waqf destinés à soutenir les secteurs les plus vulnérables du pays.
Emilia Ndiaye, stagiaire






