Six ans après sa disparition, le 31 mars 2020, Pape Diouf reste une figure incontournable à Marseille et dans le milieu du football français et senegalais . Journaliste, agent puis dirigeant, il a marqué de son empreinte l’Olympique de Marseille, où il a été président entre 2005 et 2009, laissant le souvenir d’un homme de principes, respecté pour sa rigueur, sa culture et son humanité.
Comme le rappelle un éditorial du quotidien La Provence, Pape Diouf « demeure le Pape de tout un peuple », une formule qui illustre l’attachement durable que lui portent supporters, acteurs du football et habitants de la cité phocéenne.
Sa disparition brutale, liée au COVID-19, avait profondément marqué ses proches et le monde sportif. À l’époque, une véritable chaîne de solidarité s’était organisée pour tenter de le rapatrier en France et lui offrir des soins adaptés, en vain. Son décès à l’âge de 68 ans avait laissé un vide immense.
Au-delà de ses fonctions, Pape Diouf incarnait une certaine idée du leadership. Selon plusieurs témoignages, il assumait pleinement ses responsabilités, refusant de rejeter la faute sur autrui, une posture rare dans le milieu du football professionnel. Cette capacité à défendre à la fois son club et ses supporters a largement contribué à asseoir sa légitimité.
Ancienne collaboratrice au sein du club, Nathalie Paoli souligne qu’il était « le seul président à incarner pleinement la fonction », mettant en avant son sens de l’intérêt collectif. Une vision partagée par de nombreux anciens joueurs, à l’image de Steve Mandanda, qui évoque un mentor ayant influencé sa carrière et sa vie.
Son influence dépassait largement le cadre sportif. Des artistes comme Soprano ou encore d’anciens joueurs tels que Habib Beye témoignent de son impact humain, évoquant un homme accessible, cultivé et profondément attaché aux valeurs de respect et de transmission.
Même dans sa relation avec les dirigeants, notamment avec Robert Louis-Dreyfus, Pape Diouf a démontré une rare élégance. Il avait choisi de quitter ses fonctions sans conflit, privilégiant l’humain face aux enjeux de pouvoir, un geste souvent cité comme révélateur de sa personnalité.
Engagé également en politique à Marseille, il était resté fidèle à ses convictions, refusant toute posture opportuniste. Pour lui, la reconnaissance envers la ville qui l’avait accueilli constituait un moteur essentiel de son engagement.
Aujourd’hui encore, son héritage demeure vivant. Fresques, hommages et témoignages continuent d’entretenir sa mémoire, preuve de son impact transgénérationnel. Comme l’a résumé l’ancien président François Hollande, échanger avec Pape Diouf revenait à « partager un moment de culture », tant son attachement à la langue et à la pensée était profond.
Figure respectée et admirée, Pape Diouf reste, pour beaucoup, bien plus qu’un ancien dirigeant : un symbole d’intégrité, de transmission et d’humanité, dont l’empreinte demeure intacte dans le temps.
Emedia
Photo Guillaume RUOPPOLO








