Face aux enjeux géopolitiques mondiaux et à la flambée des prix des énergies fossiles, le Sénégal accélère sa mue énergétique. L’Association sénégalaise de Normalisation (ASN) a organisé, ce mardi 31 mars 2026, un atelier crucial pour la validation de nouvelles normes dans le secteur du solaire photovoltaïque. L’objectif est clair : garantir la sécurité des installations et assainir le marché contre les équipements de moindre qualité.
Un impératif de qualité et de sécurité
Si le gouvernement sénégalais place le solaire au cœur de sa stratégie « Vision Sénégal 2050 », l’efficacité de cette transition repose sur un pilier majeur : la norme. L’atelier de validation réuni ce jour au Noom Hotel de Dakar vise à instaurer un cadre normatif rigoureux pour tous les équipements solaires.
Selon M. Ndione, il est impératif que « tous les équipements qui devraient fonctionner à travers cette énergie solaire soient des équipements de qualité ». Cette démarche ne concerne pas seulement la performance technique, mais touche directement à la sécurité publique et à la préservation de l’environnement. En définissant des règles et des spécifications techniques précises, l’ASN entend garantir « l’aptitude à l’emploi » du matériel photovoltaïque circulant sur le territoire national.
Des incitations fiscales liées à la conformité
Pour encourager cette dynamique, l’État du Sénégal a déjà mis en place des mesures incitatives fortes. Les importateurs et producteurs locaux d’équipements d’énergies renouvelables peuvent bénéficier d’une exonération de la TVA.
Toutefois, cet avantage fiscal n’est pas un chèque en blanc. Pour y prétendre, les acteurs du secteur doivent « prouver la qualité de leurs équipements à travers des certifications reconnues au niveau international », notamment via le système de la Commission Électrotechnique Internationale (IEC). Les nouvelles normes validées ce mardi viendront ainsi renforcer ce dispositif de contrôle.
Vers une homologation politique
L’atelier de ce 31 mars marque une étape technique décisive avec l’implication des experts du Comité Électrotechnique National du Sénégal (CEN_Sn). Mais le processus ne s’arrête pas là. Après cette validation technique, le dossier passera au niveau supérieur.
« Nous allons passer à la validation politique, qui est l’homologation de ces normes par le Conseil d’administration de l’ASN », a précisé El Hadji Abdourahmane Ndione. Une fois publiées et accessibles sur les plateformes de l’ASN, ces normes deviendront le référentiel unique pour l’évaluation de la conformité, barrant ainsi la route aux « pratiques de concurrence déloyale » et aux importations de produits non conformes qui pullulent parfois sur le marché.
Emilia Ndiaye, stagiaire








