L’Italie traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire footballistique. Battue par la Bosnie-Herzégovine en barrages, la Squadra Azzura ne participera pas à la Coupe du monde 2026, signant ainsi une troisième absence consécutive après 2018 et 2022. Un scénario impensable pour une nation quadruple championne du monde, longtemps considérée comme une référence du football mondial.
Cette nouvelle désillusion confirme une tendance lourde : celle d’un déclin progressif du football italien, tant sur le plan des résultats que de l’influence. Jadis portée par des générations exceptionnelles incarnées par Francesco Totti, Alessandro Del Piero ou encore Paolo Maldini, la Nazionale peine aujourd’hui à produire des joueurs de classe mondiale capables de faire basculer les grandes rencontres.
Au-delà du déficit de talents d’exception, c’est tout un système qui semble en difficulté. La Serie A, autrefois championnat le plus prestigieux au monde, a perdu de sa superbe. Moins attractive financièrement que la Premier League, elle attire moins de stars internationales et offre moins d’opportunités aux jeunes joueurs italiens de s’aguerrir au plus haut niveau. Cette perte d’influence se répercute directement sur les performances de la sélection.
Sur la scène européenne, les clubs italiens peinent également à rivaliser avec les grandes puissances. Si certaines formations comme Inter Milan ou AC Milan parviennent encore à exister, elles ne dominent plus la Ligue des champions de l’UEFA comme par le passé. Le manque de régularité et de profondeur d’effectif face aux cadors européens souligne les limites actuelles du Calcio.
À ces difficultés structurelles s’ajoute un problème de renouvellement et d’adaptation. Longtemps fondé sur une culture tactique et défensive, le football italien a tardé à intégrer les exigences du jeu moderne, marqué par l’intensité physique, la vitesse et la créativité offensive. Un retard qui se paie aujourd’hui au plus haut niveau.
Malgré tout, l’Italie reste capable de coups d’éclat, comme en témoigne son sacre à l’Euro 2021 sous la direction de Roberto Mancini. Mais ce succès apparaît désormais comme une parenthèse dans une période de transition plus profonde.
Cette nouvelle absence au Mondial agit comme un signal d’alarme. Elle pose une question centrale : l’Italie est-elle face à un simple creux générationnel ou à une crise durable de son modèle footballistique ? Pour renouer avec son glorieux passé, la Squadra Azzurra devra sans doute repenser en profondeur sa formation, son championnat et sa vision du jeu.
Emedia






