Un atelier de validation de la cartographie des productions du secteur rizicole s’est tenu le 31 mars à Saly, à l’initiative de l’Observatoire de la CEDEAO sur le riz. Cette rencontre s’inscrit dans la volonté des États membres de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest d’accélérer les initiatives visant à améliorer la production et la productivité du riz, afin de réduire la forte dépendance aux importations.
Lors des échanges, les autorités ont souligné l’importance stratégique de cette céréale dans la région. « La consommation du riz s’est généralisée au point de devenir un enjeu de sécurité nationale. Son développement ne peut être envisagé de manière sectorielle, mais nécessite une approche holistique, multisectorielle et inclusive », a déclaré Alpha Ba, secrétaire d’État à l’encadrement paysan et aux coopératives.
Le chapitre national de l’Observatoire au Sénégal se positionne comme une plateforme structurante réunissant les acteurs publics et privés, avec pour objectif de renforcer la compétitivité et la durabilité de la filière rizicole.
Pour Abdou Karim Sanou, le riz occupe une place centrale dans les économies ouest-africaines. « Il ne s’agit pas d’un produit de luxe, mais d’un aliment de base essentiel à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, tout en contribuant à la réduction de la pauvreté », a-t-il affirmé. Il a également souligné que cette céréale constitue une source majeure de revenus pour de nombreux ménages et un levier important de croissance du produit intérieur brut.
Les données présentées montrent une progression notable de la production régionale, passée de 2,2 millions de tonnes en 1962 à 14,2 millions de tonnes en 2020. À l’échelle du continent, la production atteint environ 21,8 millions de tonnes de riz paddy par an, dont 65,6 % en Afrique subsaharienne. Malgré cette dynamique, la dépendance aux importations reste préoccupante, avec une part passée de 20 % en 1960 à 39 % en 2022.
Cette situation met en lumière les limites structurelles de la filière, notamment une chaîne de valeur encore fragmentée, insuffisamment compétitive et peu performante en termes de qualité et de volume. Face à ces défis, les acteurs régionaux misent sur le plan d’action « offensive riz », lancé en 2014, pour impulser une nouvelle dynamique et renforcer durablement la production rizicole en Afrique de l’Ouest.
Aboubakry Kane, Emedia Mbour








