L’avocat sénégalais Patrick Kabou, conseil de supporters sénégalais détenus au Maroc, a vivement critiqué le déroulement d’une audience judiciaire qu’il juge entachée d’irrégularités et de manquements graves aux principes d’un procès équitable.
Selon Me Kabou, l’audience a été marquée par une tension palpable, notamment au moment de sa plaidoirie, après celles de ses confrères de la défense. L’avocat affirme avoir fondé son argumentaire sur ce qu’il qualifie « d’incohérence de l’accusation », dénonçant une procédure reposant, selon lui, sur des éléments non étayés et dénués de rigueur juridique.
Il a notamment pointé l’absence de preuves tangibles, évoquant la disparition d’éléments tels que des vidéos ou des photographies, pourtant essentiels dans ce type de dossier. « On va discuter de quoi alors ? », s’est-il interrogé, estimant que l’affaire engage avant tout « des vies humaines privées de liberté ».
La situation s’est tendue lorsque le président de la Cour lui a demandé de retirer certains de ses propos jugés offensants. Me Kabou a refusé, affirmant maintenir l’intégralité de ses déclarations. Le magistrat lui a alors rappelé une disposition de la législation marocaine imposant que les plaidoiries soient prononcées en langue arabe.
Une remarque à laquelle l’avocat a rétorqué en mettant en cause soit la qualité de la traduction, soit la réception de ses propos par la Cour. Il a également dénoncé un changement des règles en cours d’audience, qu’il interprète comme une réaction face à ses arguments.
À l’issue de cet échange, Me Kabou a demandé que ses observations soient consignées au procès-verbal et a annoncé que ses clients ne répondraient plus aux questions, estimant que les conditions d’un procès équitable n’étaient plus réunies.
Emedia








